Contre-pied réussi ? raté ?
Comme l'annonce la couverture, c'est Elsaria qui prend les choses en main cette fois. J'aurais pu apprécier ce renversement de charge aux mains d'une femme... si j'y avais cru !
Ubel Blatt c'est quand même de la bonne vieille dark fantasy bourrine et pas très très fine au niveau des représentations féminines : femmes à grosses poitrines, qui se battent certes mais finissent toujours aidées par des hommes plus douées... Alors quand on nous pond sans préparation une jeune Impératrice, qui est sympathique certes, mais n'a rien démontré, qui prend les choses en main parce que Koinzell est à terre et qui y réussit mieux que lui... Je n'y crois pas une seconde ! Ce pacte de crédibilité avec le lecteur ayant direct été rompu la suite fut un peu compliquée à lire.
Pas que ce ne soit pas fluide, ça l'est toujours autant, car Erorouji Shiono a le sens du rythme et du découpage tant il est rôdé, même avec ses dessins qui ont fait une cure de Jouvence. Non, parce que le scénario ne me faisait pas vibrer. Tout était presque trop facile. Pof Elsaria arrive et parvient à vaincre le grand méchant qui jusqu'à présent mettait tout le monde en difficulté... Pof, elle n'est pas chez elle mais toute la ville lui fait confiance après un pauvre petit discours alors qu'elle n'est personne. Bref, trop de grosses ficelles tuent un scénario.
C'est dommage parce qu'il y a eu de vrais bons frissons au début face à la violence débridée du sbire du nouveau Glenn, puis une crainte réelle quand la ville est attaquée. L'idée de montrer un Koinzell affaibli qui a besoin de l'aide de ses camarades est bonne aussi quand on en reste à leurs capacités réelles et qu'on ne joue pas au power-up avec eux. Etrangement Ato n'en bénéficie pas, elle, contrairement à Elsaria... Et alors ces moments sont d'autant plus crédibles et intéressant, notamment le final qui crée une vraie crainte pour la suite...
En bref
Vouloir mettre en avant des personnages féminins à des postes importants du scénario c'est bien, mais il faut préparer la chose. Mettre son héros en retrait est un choix audacieux mais qui doit rester crédible. Ici l'auteur rompt le pacte fait avec le lecteur sur ses sujets et même s'il sait mettre en scène une histoire, une lutte entre 2 factions, dont l'une effrayante, il perd en crédibilité et donc on s'investit moins dans ce qu'on lit. Du moins, ce fut mon cas...









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