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Critique de Star Trek #3

par Le Doc le mar. 10 mars 2026 Staff

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Prendre du recul...

Dans sa pièce Trahisons, jouée à partir de 1978 au Royal National Theater de Londres (et encore de nos jours, notamment en France), le dramaturge (et aussi poète, écrivain, acteur, réalisateur, scénariste pour la télé et le cinéma...) Harold Pinter parle d'un triangle amoureux, sans recourir au vaudeville, de façon dramatique en insistant sur les non-dits et l'incommunicabilité. Trahisons a également la particularité de ne pas être raconté dans l'ordre, utilisant la chronologie inversée pour parcourir la vie des trois personnages principaux.

Cette structure, le regretté Peter David l'a reprise, en mentionnant Harold Pinter dans les crédits, pour le très beau troisième numéro annuel du premier volume de la série Star Trek de DC Comics. Dans cette longue histoire de 38 pages, Peter David a délaissé l'aventure, l'exploration spatiale et l'action pour privilégier l'introspection, en s'intéressant précisément à l'écossais Montgomery Scott, le chef ingénieur et faiseur de miracles de l'Enterprise. Lorsque l'épisode commence, le docteur McCoy  apprend au capitaine Kirk que quelque chose ne va pas avec Scotty. Ils le découvrent dans ses quartiers, devant plusieurs bouteilles de whisky, l'air profondément triste. Scotty leur apprend que son épouse vient de mourir...à la grande surprise des deux amis qui ne savaient pas que l'un des membres les plus indispensables de l'équipage de l'Enterprise était marié...

Ce qu'on désigne souvent comme "univers étendu", via par exemple des romans et des bandes dessinées, permet de développer des éléments et des protagonistes qui sont le plus souvent "réduits" en quelque sorte à leur fonction dans les séries TV et les films. Kirk, Spock et McCoy sont les stars de la période classique de Star Trek, dans le sens où ils sont le plus souvent mis en avant, et il aura quand même fallu du temps à Uhura, Scott, Sulu et Chekov pour briller un peu plus. Dans Retrospect, Peter David nous montre ce qui se passe entre les missions spatiales, en nous présentant les proches qui ont le plus compté pour Montgmery Scott...et surtout Glynn Campbell, la femme qui prouve que l'Enterprise n'était pas le seul amour de sa vie. 

Le récit débute par la mauvaise nouvelle (apprise entre le troisième et le quatrième long métrage) avant de revenir à plusieurs reprises en arrière et d'explorer à rebours cette relation qui a eu des hauts et des bas. Il y a de la tendresse qui se dégage des échanges entre Scotty et sa Glynn, des pointes d'humour aussi  ainsi que des passages plus difficiles et marqués par la tragédie. Peter David raconte cela avec justesse...l'ensemble est touchant, très joliment écrit, finement caractérisé...et ce jusqu'à la toute dernière case. 

Curt Swan restera toujours principalement attaché à Superman et à sa famille de titres et c'est vrai que dans mes lectures, je l'ai rarement croisé ailleurs que sur les aventures du kryptonien. Sur cet annual de Star Trek, le classicisme (ce qui n'est pas forcément un défaut) de son dessin fait merveille. Il est parfaitement à l'aise dans la description de ces moments de vie, les simples, les joyeux comme les moins heureux, et cela grâce son trait élégant et très expressif qui participe à la réussite de ce portrait de Scotty à travers les âges.

En bref

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