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Critique de Jinx

par Le Doc le dim. 22 mars 2026 Staff

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Jinx ? C'est un nom ou un mode de vie ?

En anglais, le mot "jinx" signifie sort, malédiction, guigne...employé comme un verbe, c'est porter malheur à quelqu'un. La chasseuse de primes Juliet Alameda n'a pas choisi ce surnom au hasard comme on peut s'en rendre compte au fil du récit...mais en ce qui concerne Brian Michael Bendis, sa Jinx lui a plutôt porté bonheur, allant même jusqu'à utiliser le terme "Jinxworld" comme bannière pour sa collection de titres en creator owned actuellement publiés chez Dark Horse Comics

Jinx est passée chez les différents éditeurs qui ont accueilli l'oeuvre de Bendis, à commencer par l'indépendant Caliber en 1996. Avant de véritablement exploser chez Marvel au début des années 2000, Brian Michael Bendis avait créé en quelque sorte son propre univers partagé en mode polar dans les mini-séries A.K.A. Goldfish et Jinx (la première (re)sortira prochainement chez Delcourt qui poursuit la redécouverte de ce pan de la carrière de Bendis en suivant les éditions récentes de l'éditeur au cheval sombre). Jinx narre la rencontre entre l'héroïne-titre et David "Goldfish" Gold, repris de justice et arnaqueur...qui vont entamer une relation très compliquée compte-tenu de l'activité de chasseuse de primes de Jinx Alameda...

On peut voir Jinx comme une sorte de réinvention moderne de l'intrigue du Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone, avec ses trois protagonistes à la recherche d'une cache recelant un véritable trésor, ici trois millions de dollars. Jinx et Goldfish apportent une tension sexuelle à cette histoire alors que Columbia, que Bendis a dessiné en empruntant ses propres traits, est le petit roublard à la Tuco...mais en moins sympathique. Le butin reste tout de même un macguffin qui ne se matérialisera que dans la toute dernière partie, l'essentiel de l'album étant réservé au développement  du trio et aux embûches qui ne cessent de se dresser sur leurs chemins respectifs...

Avec Jinx, on retrouve naturellement les qualités aussi bien que les défauts de ces bandes dessinées "de jeunesse" de Bendis, pour lesquels l'auteur signait aussi bien le scénario que les dessins. Une caractérisation soignée, des personnages creusés, des rebondissements, une atmosphère souvent prenante et de bonnes variations graphiques, comme lorsque un hommage visuel est rendu aux comics Marvel des seventies ou quand Michael Gaydos est invité pour illustrer un récit sorti de l'imagination de Jinx...

Mais s'il y a pas mal de  choses très intéressantes, il y a aussi des longueurs, des moments où le scénariste se perd dans ce qui est une de ses marques de fabrique, ses habituels chapelets de dialogues (un peu l'équivalent BD des conversations dans les films de Robert Altman et Quentin Tarantino)...et j'avoue aussi que je suis toujours partagé concernant le travail de Bendis en tant que dessinateur. Cette double casquette participe à l'identité de ses thrillers mais le rendu peut être vraiment confus par moments (flous, poses répétitives, expressivité toute relative...). 

Malgré mes réserves sur ces différents points, la lecture n'a pas manqué d'intérêt...et m'a donné envie de retrouver Goldfish dans son propre titre prévu chez Delcourt pour le mois de mai...

En bref

Une partie bonus copieuse et très intéressante est disponible en fin de volume, avec commentaires savoureux de Brian Michael Bendis, recherches graphiques et participations des copains et artistes préférés de l'auteur sur une galerie d'illustrations.

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