La critique sociale est un peu occultée par le contexte fantastique.
Dans une Transylvanie de légende, les vampires dominent les humains malgré une égalité de droits toute théorique. Les choses se passent plus ou moins bien dans les entreprises où les 2 peuples se côtoient pour le meilleur ou le pire. Maggy se fait virer de son boulot pour "attitude négative". Elle retrouve ses colocs Anghel et Iulia. Les circonstances sont lourdes car Anghel s'est fait agresser et mordre par un vampire et risque de devenir une goule. Les droits sont égaux sur le principe, mais ils vont vite découvrir que les vampires dominent la police et autres institutions. Maggy découvre que son père vampire boit le sang de sa mère humaine sous prétexte de mordillage amoureux. Le tout sur fond de procès intenté à une star de cinéma vampire pour morsures sans acceptation des humains concernés.
Les pages finales expliquent le transfert de sujet qu'a choisi Lou Lubie. Les morsures de vampires correspondent aux viols et abus sexuels dans notre monde actuel. Les chiffres donnés dans l'album sont une transcription des données d'abus sexuels.
Les graphismes de Lou Lubie sont toujours aussi dynamiques et brillants. Je regrette juste de ne pas avoir compris plus vite le choix du décalage de sujet : les violeurs de notre pays étant les saigneurs de cette Transylvanie décalée. C'est donc un album qu'il faut lire 2 fois : la première en découvrant le sujet et la deuxième en comprenant l'allusion.
Je regrette un peu l'assimilation des vampires à des hommes, car il y a aussi des femmes qui commettent des abus sexuels. Comme il y a des patrons féminins qui sont tout à fait odieux et infects… voir l'exploitation des compétences de Iulia par ses collègues et chefs vampires.
Un album surprenant mais dont je crains qu'il ne soit pas bien compris par le lectorat qui serait plus attiré par une histoire de vampires qu'une critique sociale.
En bref
La critique sociale sous-jacente des abus sexuels est un peu trop masquée par le côté fantastique d'un univers où vampires et humains se côtoient. Les graphismes sont de grande qualité comme d'habitude avec Lou Lubie. Au final, cela donne un album qui laisse un goût amer pour n'avoir pas compris le contexte réel sans les notes finales.
Positif
graphismes superbes
bel objet-livre
scénario bien conçu
Negatif
critique sociale occultée par le contexte fantastique








Laissez un commentaire
Commentaires (0)