Critique de Kazuhiro Fujita's short stories #1
par Tampopo24 le lun. 20 avril 2026 Staff
Ténébreuses courses histoires
Reprenant l'allure de la version perfect de Karakuri Circus que Meian a édité ces dernières années, ils viennent ce printemps nous proposer deux recueils d'histoires courtes dont Yoru no Uta est le premier volume.
Pas de pages couleurs mais une jaquette laissant apparaître la surprise de la couverture, en couleur elle, et surtout les mots de Fujita entre chaque histoire pour nous raconter avec humour leur genèse et ses inspirations. Un vrai régal. Pourtant les histoires sont toutes différentes de thèmes et d'époques différentes et on sent son évolution entre 1988 et 1994, alors qu'il publie entre les pages du Weekly shonen sunday.
Alors que je louais ses sagas dans ma précédentes chronique, regrettant l'absence de profondeur de The Wicked Eyes..., je suis la première surprise de le découvrir bien plus efficace ici dans de vraies histoires courtes, 6 en l'occurrence. Certaines sont des inspirations pour la suite de son oeuvre, toutes des hommages aux histoires qu'il aime. Et qu'est-ce que c'est bien !
Il ouvre le bal avec une histoire de 1994 où l'on retrouve sa marotte pour les marionnettes, avec une aventure se déroulant des daimyos. Une héroïne naïve, un ninja sans maître, un château à prendre et une marionnettiste, que voilà de bons ingrédients ! C'était frais, naïf, touchant, avec cette quête de vengeance, qui se transforme en révélation. Son trait est déjà extrêmement percutant et annonce déjà bien Karakuri Circus.
Puis, il continue à jouer avec les thèmes / sujets qui lui sont chers ensuite : arts martiaux, loubard au grand coeur, enfant abandonné, fantôme ou créature qui font peur. J'adore ! Bon alors, quand même, j'avoue que son style des tout débuts, n'est pas celui que je préfère. Trop braillard, trop facile, cela manque de nuance pour moi et cela rend la force de ses récits moindres. En revanche, très vite, il corrige cela parvient en deux coups de crayons à rendre ses histoires aussi efficaces que touchantes.
J'ai ainsi beaucoup aimé celle du passionné de kung fu emprisonné, à la chute puissante. Mais j'ai peut-être encore plus aimé la dernière, en deux parties, qui joue sur les légendes urbaines japonaises à l'ancienne, avec ces histoires de forêt hantée et autres corps martyrisés. Le héros a des allures de Van Hellsing croisé à Trigun, qui pourtant arrivera quelques années plus tard. Le décalage entre ce qu'il paraît et ce qu'il est, de même que pour celle à qui il vient en aide, est savoureux. J'adore quand les apparences sont trompeuses et en plus, ici, c'est brutal et sanglant ! On est dans de l'excellente horreur corporelle, comme c'était déjà le cas dans la première histoire. Un bon fil rouge !
En bref
Fujita est donc aussi efficace dans les histoires longues que dans les histoires très courtes. Quand il reprend les thèmes qui lui sont chers avec ces personnages de loosers repentis, sauvant la veuve et l'orphelin, il est divin à lire. Préfigurant ses futures séries sa narration et ses dessins se déploient déjà avec force et intensité.








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