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Critique de Goldfish

par Le Doc le ven. 29 mai 2026 Staff

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Je vais vous raconter une histoire...pour ce que j'en sais, elle est vraie...

Le noir (roman, film), déclinaison du genre policier, est dans l'ADN de Brian Michael Bendis depuis ses débuts. Les références qu'il a toujours revendiquées  vont en effet de ses idoles des comics comme Frank Miller, Jack Kirby, les Romita père et fils et George Pérez à des auteurs comme Jim Thompson et Dashiell Hammett. Son intérêt pour la crime fiction a marqué la première partie de sa carrière en tant que scénariste/dessinateur, avec les titres qui ont ensuite été rassemblés sous la bannière Jinxworld (ceux que Delcourt réédite actuellement en suivant les nouvelles publications chapeautées par Dark Horse Comics).

Le petit escroc David Gold, surnommé Goldfish, fait partie des premières créations d'un jeune Bendis puisque les bonus du présent album rappellent que les ébauches du personnage datent de 1988, alors que le futur scénariste d'Ultimate Spider-Man n'avait que 21 ans. Le développement a duré quelques années (au cours desquelles Goldfish a failli hériter d'un look très années 90) avant que le tout premier numéro d'A.K.A. Goldfish sorte à l'automne 1994, chez l'éditeur indépendant Caliber Comics

J'ai découvert David Gold dans les pages de Jinx, qui se déroule donc chronologiquement après cet album, et je ne l'ai pas vraiment reconnu tant sa trogne a l'air différente (une conséquence du trait assez irrégulier de Bendis, meilleur scénariste que dessinateur). L'arnaqueur revient chez lui après une longue absence et s'il le fait, c'est pour une seule raison : récupérer son fils qui vit une existence malheureuse auprès de sa mère, l'ancienne petite amie de Gold. Ce qui ne sera (bien entendu) pas une mince affaire...

Car en effet, cet amour de jeunesse est devenue une caïd du crime, propriétaire d'un night-club/casino/bordel où viennent s'encanailler les notables du coin. Une femme fatale impitoyable qui répond au doux nom de Lauren Bacall...ce qui n'est pas le seul clin d'oeil puisque cette passionnée de cinéma collectionne les affiches de classique de films noirs qu'elle expose dans son bureau. Goldfish fait le tour de ses anciennes connaissances et échafaude un plan pour retrouver son p'tit gars perdu dans un univers de violence...

Dans Goldfish, la patte de Bendis reste reconnaissable, dans les dialogues mitonnés aux petits oignons bien sûr et aussi dans cette manière d'étirer les scènes pour en accentuer aussi bien les petits moments du quotidien qu'une tension sourde qui finira par prendre de plus en plus de place. Les petites longueurs déjà présentes dans ses autres polars de l'époque ne sont pas évitées mais le suspense est bon, une belle mécanique de précision, et les différents portraits composent une distribution de qualité animant les péripéties de ces virées nocturnes de plus en plus violentes. 

Car dans la tradition du récit noir, tout ceci ne pouvait que mal finir...mais j'avoue que je ne m'attendais pas (puisque je découvre le bouquin) à ce que le dernier acte soit aussi sombre, l'une des fins les plus désespérées écrite par Brian Michael Bendis. Il est juste dommage que les faiblesses du dessin (oui encore...mais je n'apprécie vraiment pas le style graphique de Bendis, j'ai parfois du mal à bien distinguer ce qui se passe) en réduisent l'efficacité (et donc ma note par la même occasion)...

En bref

Le making-of en annexe est composé d'une histoire courte, d'une rétrospective sur le développement du livre et d'une sélection d'illustrations promotionnelles.

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