The Ultimate Cosmic Experience !
Dans les années 70, Marvel a collaboré avec Fireside Books, une division de Simon & Schuster, afin de publier une série d'albums qui permettait aux fans d'avoir accès à une sélection de comic-books des années 60 sans devoir écumer les bacs d'occasions ou même devoir payer des prix exorbitants pour mettre la main sur ces témoignages des débuts de Marvel. C'était avant le boom des TPB et des titres comme Origins of Marvel Comics, Sons of Origins of Marvel Comics ou encore Bring on the Bad Guys ont eu du succès et ont même inspiré Lug pour la revue Strange Spécial Origines.
Sur tout les Fireside Books, un seul a proposé une histoire entièrement inédite, un volume historique car réunissant pour la dernière fois Stan Lee et Jack Kirby sur une bande dessinée, avant que le King of Comics se brouille une nouvelle fois avec Marvel et range ses crayons pour aller travailler dans l'animation. Les deux compères ont signé une longue histoire de 100 pages sur le Silver Surfer, un projet tellement à part que Marvel n'avait alors pas de place (ou la manière) pour l'inclure dans son planning de publication. The Silver Surfer est en effet souvent vu comme le premier Graphic Novel de l'éditeur, quatre ans avant que la Maison des Idées lance sa collection Marvel Graphic Novel, des albums grand format qui ne se limitaient pas aux 22 pages habituelles des revues régulières.
D'après ce que j'ai compris, ce Silver Surfer (qui fut saucissonné par Lug en 6 chapitres dans les pages du petit format Nova) a pu désarçonner certains lecteurs de l'époque car il s'agit d'un récit hors-continuité se déroulant sur une Terre sans super-héros (et ce serait la même Terre visible dans la mini-série Parabole de Stan Lee et Moebius). Lee & Kirby racontent à nouveau les origines de Norrin Radd qui n'a cette fois-ci pas besoin de l'aide et de l'inspiration d'Alicia Masters et des Quatre Fantastiques pour se ranger du côté des terriens face à son maître Galactus. Une rébellion que le Dévoreur de Mondes va tenter de contrecarrer en piégeant le Surfer sur les conseils de son "côté obscur" matérialisé (le Maître de la Ruse) qui lui inspire de créer la compagne parfaite pour le Surfer, une femme qui saura le convaincre de s'éloigner de l'humanité...
En se débarrassant de toutes les références au reste de l'univers Marvel, The Silver Surfer (The Ultimate Cosmic Experience ! en sous-titre) ressemble en fait à ce qu'aurait pu être un long métrage basé sur la Sentinelle de l'Espace (il est d'ailleurs sorti la même année que le Superman de Richard Donner). Pour son portrait du Surfer, Stan Lee reste dans la ligne droite de ce qu'il a déjà écrit sur le héros, aussi bien dans les récitatifs que dans les dialogues mélodramatiques. S'il y a des passages forts et d'autres assez amusants rétroactivement (lorsqu'il prend une apparence humaine, le Surfer m'a rappelé le Beyonder dans ses premiers pas sur Terre), l'album souffre aussi de quelques longueurs et d'épisodes qui m'ont paru délayer un peu trop la sauce avant un dénouement qui tombe dans le piège du "tout ça pour ça".
Mais là où le bouquin ne déçoit pas du tout (en ce qui me concerne bien sûr), c'est au niveau de la partie graphique tant Jack Kirby et son encreur Joe Sinnott font des merveilles, livrant quelques unes de leurs plus belles cases et planches mettant en scène le Silver Surfer et Galactus, aussi bien dans l'action que dans la contemplation. J'ai ce Graphic Novel dans l'édition intégrale du Surfer d'Argent de Soleil et en supplément du tome 5, le responsable éditorial Jean Wacquet a inclus assez judicieusement la back-up de Fantastic Four Annual 5, première aventure en solo du Surfer en solo face à la colère de Quasimodo, l'"ordinateur ultime" programmé pour la destruction par le Penseur Fou. Une très bonne histoire courte provenant d'une période où le duo Stan Lee & Jack Kirby était encore à son meilleur !









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