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Critique de Kafka - Les mécanismes du pouvoir

par ginevra le jeu. 13 août 2026 Staff

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Un livre fantastique qui m'a donné envie de relire "La métamorphose" de Kafka

En s'appuyant sur une famille plutôt dysfonctionnelle, Tiphaine Rivière nous livre une passionnante étude sur le livre de Kafka "La métamorphose". Tout cela via un jeune ado qui doit passer le bac blanc de français et tombe bien sûr sur la métamorphose, livre auquel il n'a pas accroché. Il est terrorisé par son père qui lui met la barre très haut et passe son temps en lui crier dessus. Sa mère est débordée de travail dans une agence de marketing et préfère faire le dos rond face à son mari. Ce dernier décide de faire du chantage à la prof de français pour qu'elle lui explique le livre comme il faut. Ce sont ces explications tout à fait passionnantes qui m'ont beaucoup éclairée sur ce livre lu il y a bien longtemps.

J'avoue que la notion évoquée sur les relations entre pouvoir et obéissance m'ont beaucoup séduite. Je ne connaissais pas cette notion de La Boétie : "Ce n'est pas le pouvoir qui crée l'obéissance, mais l'obéissance qui crée le pouvoir". Dans l'album, il y a les relations père-fils, mère-hiérarchie et prof-agent littéraire qui sont totalement dans cette problématique. Le fils, Mathieu, cède face à son père qui, par ailleurs, a tendance à régenter tout le monde en bon paternaliste qu'il est. La mère, Marion, a été séparée de son équipe au travail et parquée dans un simili-bureau de 1m2 à partir duquel elle échange avec son équipe, en open-space, par vidéo-conférence… une mise au placard, quoi! La prof de français, Nasira, est une autrice de romans de SF et cède face à son agent qui veut qu'elle serve de plume au ministre de l'intérieur dont elle ne partage pas les idées.

Le père est complètement à côté de la plaque, mais on comprend qu'il suit le modèle de son propre père. Il est démuni face au divorce demandée par sa femme et par le fait que son fils préfère vivre avec sa mère… Pas question pour lui de se remettre en cause, il est complètement buté. Marion se libère à la fois de son mari et de sa hiérarchie pourrie en trichant avec l'aide d'une de ses collègues. Nasira finit par dire ses quatre vérités au ministre et partir en claquant la porte et elle en profite pour se remettre en cause dans sa démarche créative. On ne sait pas ce que va faire le ministre, mais on peut craindre que Nasira n'ait des ennuis vu les côtés puants qu'il laisse transparaître.

Côté graphique, livre est superbement réalisé puisque l'on passe du N&B pour les scènes dans le temps présent à la couleur dès que le livre de Kafka est évoqué. Les personnages sont expressifs et évoluent beaucoup au cours de l'histoire. Mathieu arrive enfin à se lier avec des ami(e)s, Marion semble bien se libérer, la grand-mère détestable au début s'améliore à la fin. C'est elle qui conclut le livre par une réflexion très drôle : "c'était pas la peine de faire tout ce tintouin pour un bouquin qui pose des questions auxquelles il est pas foutu de répondre."

J'ai adoré ce livre et il va falloir que je relise absolument "La métamorphose" maintenant que j'ai des clés pour l'aborder mieux qu'un simple conte fantastique.

Je recommande cet album à un maximum de lecteurs et pas seulement aux jeunes qui ont à passer le bac français.

En bref

Un superbe album qui permet de réfléchir à nos relations complexes avec le pouvoir qu'il soit familial, professionnel ou politique. De quoi réveiller chez beaucoup de lecteurs une envie de se rebeller mais ce n'est hélas pas toujours possible. Un grand album à lire absolument!

10
Positif

scénario passionnant qui m'a ramené à mes années de lycée avec une prof de français superbe

graphismes bien vus avec l'alternance de N&B pour le présent et de couleurs pour le livre de Kafka

Negatif

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