Quand le passé continue de tout bouleverser
1. Une nouvelle guerre se prépare
Depuis la sortie de prison de Yuzuki Kameto, le lycée Kogetsu retrouve une nouvelle énergie. L’affrontement avec Aoba peut alors commencer, avec Takashi Hibino à la tête des troupes. Un personnage qui n’est pas totalement étranger à Harumi puisqu’ils se connaissent depuis le collège. Pourtant, cette fois, les deux hommes se retrouvent dans des camps opposés. L’assaut contre Aoba va évidemment faire des étincelles, mais il ne suffira pas à mettre un terme au conflit. Et derrière cette guerre entre lycées, on retrouve encore et toujours l’influence de Gaku. Sa présence dans cette époque a complètement bouleversé le cours des événements et rien ne se déroule comme cela aurait dû. Et comme si cela ne suffisait pas, Gaku doit également composer avec une situation pour le moins étrange : Ai, sa propre mère, semble attirée par lui dans cette époque.
2. Des personnages qui prennent toute la place
Mais ce qui fonctionne particulièrement bien dans ce tome, c’est que Tetsuhiro Hirakawa ne se contente jamais de nous proposer une simple succession de bagarres entre voyous. Takashi Hibino est l’une des grandes réussites de ce volume. Sa puissance impressionne rapidement, mais c’est surtout sa relation avec Harumi qui donne de l’épaisseur au personnage. Leur passé commun apporte une dimension plus personnelle à cet affrontement et permet de dépasser le simple duel entre deux adversaires. Yuzuki Kameto prend également une place importante. Après avoir été présenté comme un ancien détenu dont on pouvait forcément se méfier, il révèle une personnalité beaucoup plus humaine et attachante. J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’auteur joue avec notre perception du personnage. La fin du tome est d’ailleurs particulièrement efficace sur ce point. Hirakawa parvient à nous faire ressentir de l’empathie pour Yuzuki tout en renforçant notre mépris pour Kanemori, dont la lâcheté et les coups bas deviennent de plus en plus difficiles à supporter. Une façon simple, mais très efficace, de faire évoluer notre regard sur les personnages.
3. Une plongée toujours aussi réussie dans les années 2000
Ce douzième tome confirme aussi l’une des grandes qualités de Nine Peaks : son ambiance. Ces bandes de motards et ces jeunes voyous deviennent peu à peu les vestiges d’une période révolue. Hirakawa réussit parfaitement à retranscrire cette ambiance particulière, avec cette impression que l’on assiste aux dernières années d’un certain modèle de délinquance japonaise. Il y a d’ailleurs une certaine mélancolie dans cette représentation des années 2000. L’auteur ne cherche pas simplement à glorifier cette époque : il nous montre aussi une jeunesse et un monde qui sont en train de changer. Et ce qui est assez remarquable, c’est que Gaku est finalement assez discret dans ce tome. Le héros laisse largement la place à son père, à Yuzuki et à tous ceux qui participent directement au conflit. Cela pourrait sembler risqué pour une série reposant sur le voyage dans le temps, mais c’est justement ce qui rend le récit aussi intéressant. Hirakawa sait mettre son personnage principal en retrait lorsqu’un autre personnage mérite davantage d’attention.
En bref
Nine Peaks continue de me surprendre par sa capacité à renouveler son récit sans perdre ce qui fait son identité. Ce tome 12 est particulièrement complet, avec beaucoup d’action, des personnages travaillés et une véritable attention portée à l’époque dans laquelle ils évoluent. J’ai particulièrement apprécié le développement de Yuzuki et Takashi, deux personnages qui parviennent à voler la vedette à Gaku sans que cela ne pose le moindre problème. Au contraire, cela montre une nouvelle fois que la force de Nine Peaks repose autant sur ses personnages que sur son intrigue temporelle. Alors que la série dépasse désormais largement la dizaine de tomes, Tetsuhiro Hirakawa continue donc de maintenir mon intérêt. Et avec tous les bouleversements provoqués par la présence de Gaku dans le passé, j’ai surtout envie de voir jusqu’où cette nouvelle version de l’histoire va nous emmener.







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