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Critique de Guerre

par vedge le jeu. 17 sept. 2026 Staff

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« Toute guerre est une guerre contre les enfants »

Selon l’Unicef, un enfant sur six dans le monde vit dans une zone de conflit. Réfugiés fuyant leur foyer, privé d’école, quelle sorte d’adultes seront ils demain ? Conserveront-ils leur humanité après une enfance faite de violence ? En ne situant pas le lieu du conflit (toute ressemblance …), les auteurs donnent à ce récit graphique, raconté à hauteur de civil et d’enfants, une portée universelle. La BD démarre par le quotidien d’une jeune fille, dans une grande ville. Adolescente, dans une famille sans rien de particulier, deux parents, une sœur, un chat. Elle taggue le soir avant de rentrer ; Des chats ou des slogans pour libérer les animaux, en cage ou en aquarium. Puis, des chars envahissent son pays et l’on glisse peu à peu vers un quotidien de guerre : journées dans la peur, nuit aux abris. La guerre et les destructions s’intensifient, puis vient la victoire de l’envahisseur et la nécessité de partir pour nombre d’habitants. Parce que son père a un ami d’enfance journaliste, il est arrêté au moment du départ ; Kat, la jeune fille, laisse sa mère et sa sœur partir, elle restant pour retrouver son père.

Les dessinateurs savent rendre de manière simple et sans dramaturgie superflue, l’horreur de la la guerre et le désespoir des habitants. En cela, les deux doubles pages 2-3 et 72-73, donnent une vision cataclysmique et réaliste de l’impact de 200 jours de guerre sur une ville contemporaine. Edifiant. Les illustrations sont un mix entre BD, comics et mangas. Grands yeux, traits de visage simples, mais des cases travaillées aux couleurs qui s’assombrissent avec la durée du conflit ; S’y associe des planches avec une scène unique, au fort impact tant au dessin qu’à la mise en scène et aux couleurs.

En parallèle, un adolescent, militaire malgré lui, enrôlé dans l’armée de l’envahisseur, navigue difficilement entre deux mondes : le souvenir de sa ferme et la réalité de la guerre qu’il cache à ceux qu’il aime. La jeune fille, affamée, transie de froid, ne lâche rien et trouve un stratagème. A la fin de la BD, on voit que les traces de la guerre sont sensibles, dans l’esprit, lme corps, l’âme des gens, autant détruits que les murs qui jadis les abritaient. Si la BD se veut générique, un complément, décliné sur des tons de gris, met en image l’histoire d’un petit garçon ukrainien. Nous avons cru trop longtemps qu’après la deuxième guerre mondiale, la guerre ne frapperait plus aux portes de l’Europe. Que le malheur, les conflits, étaient lointains ; Leurs destructions, leur violence, leur impact sur les populations civiles étaient comme atténués par la distance. Cette BD nous ramène à la réalité et à la responsabilité de chacun qui en découle, car, comme il est écrit en première page de l’ouvrage, « Toute guerre est une guerre contre les enfants » (E. Jebb, Save The Children)

Un récit de guerre vu par son impact pendant et après dans la vie d’une enfant et de sa famille, pour qui rien ne sera plus comme avant.

En bref

Un récit de guerre vu par son impact pendant et après dans la vie d’une enfant et de sa famille, pour qui rien ne sera plus comme avant.

8
Positif

Un récit fort qui a valeur de symbole

Negatif

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