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Critique de Ghost Rider par Jason Aaron

par SireDeath le dim. 27 sept. 2026

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Le run ultime de Ghost Rider ?

Étant fan de Ghost Rider depuis mon enfance, j’ai forcément une affection particulière pour Johnny Blaze et Danny Ketch, les deux premières incarnations de l’Esprit de la Vengeance. Pourtant, s’il fallait ne retenir qu’un seul run parmi toutes les aventures du personnage, ce serait sans hésitation celui de Jason Aaron.

Et ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit de Ghost Rider. C’est parce qu’Aaron a parfaitement compris ce qui rend le personnage si particulier et qu’il décide de pousser absolument tous les curseurs à fond.

Commençons par les dessins, qui sont tout simplement magnifiques. Le travail de Roland Boschi colle parfaitement à l’univers du Rider. Et contrairement à certaines productions plus récentes, l’ensemble ne repose pas sur un rendu numérique ultra-lisse. Le résultat est spectaculaire, brutal et surtout extrêmement vivant. Les flammes, les créatures infernales, les combats et les apparitions du Rider bénéficient d’un véritable travail sur les ambiances et les effets, sans jamais donner l’impression d’être artificiels.

J’ai toutefois été un peu moins convaincu par les passages dessinés par Tan Eng Huat. Son style tranche davantage avec celui de Boschi et m’a parfois sorti de l’histoire. Les cases m’ont semblé plus vides, avec des couleurs qui donnent parfois une impression plus datée. C’est d’autant plus dommage qu’il intervient notamment lors d’un moment particulièrement important : le combat entre Blaze et Ketch. Une séquence aussi forte aurait mérité, à mes yeux, une continuité graphique plus marquée.

Mais revenons à l’essentiel : l’histoire.

Et là, Jason Aaron se lâche complètement.

Le scénario est complètement fou, mais jamais gratuitement. L’auteur mélange l’horreur, l’action, l’humour et la mythologie chrétienne avec une liberté assez jubilatoire. Certaines idées sont tellement improbables qu’elles en deviennent géniales, comme ces fameuses nonnes de combat qui donnent au récit un petit parfum de cinéma à la Carpenter ou à la Rodriguez. C’est déjanté, violent, parfois franchement drôle, mais toujours parfaitement assumé.

Et derrière cette folie, le scénario est particulièrement bien construit. Le récit nous tient en haleine du début à la fin, avec des révélations qui viennent progressivement enrichir la mythologie du personnage. Les explications concernant la véritable origine des Esprits de la Vengeance sont notamment passionnantes et donnent une profondeur nouvelle à tout ce que l’on pensait connaître du Rider.

Les personnages ne sont d’ailleurs pas laissés de côté. Les protagonistes principaux sont excellents, mais Aaron prend également le temps de donner de l’importance aux personnages secondaires. Et que dire de Zadkiel ? Un antagoniste absolument génial, qui apporte au récit une véritable dimension mythologique et dont les ambitions sont à la hauteur de la démesure de l'histoire.

J’ai également beaucoup aimé l’évolution de la relation entre Johnny Blaze et Danny Ketch. Aaron ne se contente pas de réunir les deux Ghost Riders pour faire plaisir aux lecteurs : il exploite réellement leur histoire, leurs différences et leurs rapports pour construire une relation qui évolue au fil du récit. Leur confrontation prend ainsi une dimension bien plus importante qu’un simple affrontement entre deux personnages.

Et puis il y a les enjeux.

On ne parle pas simplement de sauver une ville ou de vaincre un démon particulièrement puissant. Non. Ici, il est question de remplacer Dieu et de provoquer l’Apocalypse sur Terre.

Rien que ça.

Et pourtant, malgré cette démesure, l’histoire conserve une vraie cohérence. C’est probablement ce que j’apprécie le plus chez Aaron : il peut partir dans les idées les plus folles tout en gardant suffisamment de maîtrise pour que l’ensemble fonctionne.

Au final, ce run représente pour moi tout ce que j’attends d’un Ghost Rider. De l’action, de l’horreur, de la violence, de la mythologie, des personnages travaillés, des révélations, un antagoniste mémorable et surtout cette petite dose de folie qui permet au personnage de sortir du simple rôle du motard à tête de feu.

Jason Aaron ne s’est pas contenté de raconter une nouvelle histoire de Ghost Rider. Il a enrichi sa mythologie, approfondi ses personnages et repoussé les limites de son univers.

Pour moi, c’est tout simplement ce qui se fait de mieux sur Ghost Rider. Une véritable chevauchée infernale, aussi folle que jubilatoire.

En bref

10
Positif

Scénario déjanté et maîtrisé

Mythologie du Ghost Rider enrichie

Excellent développement de Johnny Blaze et Danny Ketch

Zadkiel, un antagoniste mémorable

Dessins magnifiques de Roland Boschi

Mélange réussi d’horreur, d’action et d’humour

Negatif

Les dessins de Tan Eng Huat

Certaines séquences auraient mérité une meilleure continuité graphique

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