Western noir
Il y a des romans noirs, voici un western noir. Noir comme la peau des personnages principaux d’abord, Rose, son frère Bass et le veuf pianiste Mingo. Noir comme l’enfer peuplé de monstres qui a fait s’entretuer des citoyens ordinaires de la ville de Flagstone. C’est là qu’arrive, mal en point, Rose et son frère, pour se faire soigner. Ils ne trouvent que des cadavres en décomposition et l’énigme de la raison, magique, de l’hécatombe. Ils décident de pousser un peu plus loin mais la malédiction les poursuit. Derrière toute magie il y a un ou plusieurs hommes, nous prévient le magicien cheyenne, ancien compagnon de de route de Rose. Le tout est de le ou les trouver, comprendre peut-être leurs raisons, et les empêcher de nuire plus avant.
Le format de la BD, un rectangle beaucoup plus haut que large, impacte la mise en page et la forme du récit avec bonheur. Chaque planche est simple à lire, et on embrasse d’un coup l’enchaînement des cases et de l’action. Le trait et le traitement des personnages doit beaucoup à Boucq je trouve, l’ambiance Western à Giraud ; Pas étonnant puisque ce sont les auteurs de référence du dessinateur. Les couleurs donnent une ambiance sombre au récit, sans qu’elles ne soient en rien assombries.
Il y a dans cette histoire et ces personnages, comme une revanche, sur le racisme, l’esclavage, la spoliation des terres, par les fiers colons WASP américains de race blanche. Cette revanche débridée et décomplexée, faite de violence primale, frappe le lecteur au plexus. C’est fort et puissant.
Règlement de comptes en musique, puissant et survolté, des opprimés et spoliés d’hier, contre les bourreaux qui se pensaient à l’abri.
En bref
Règlement de comptes en musique, puissant et survolté, des opprimés et spoliés d’hier, contre les bourreaux qui se pensaient à l’abri.
Positif
Un superbe dessin qui rend hommage à deux artistes majeurs tout en trouvant son propre univers graphique
Une histoire originale, de revanche musicale








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