Critique de Décolonisations. L'Histoire au présent
par vedge le jeu. 8 oct. 2026 Staff
Faits et méfaits des colonisations
Le scénariste Stephen Desberg et le journaliste Guillaume Blanc, nous proposent de parcourir l’histoire, de la colonisation à la décolonisation, puis au présent, de six pays africains ou asiatiques, au travers de récits vécus par les populations autochtones. La BD démarre fort avec l’Erythrée, que vous avez peut-être, comme moi, du mal à placer sur une carte de l’Afrique. Ancienne colonie italienne, elle a connu des hauts et des bas, attiré le regard du monde par la famine organisée et le s artistes français et américain qui ont volé à son secours en chanson comme province d’Ethiopie. Elle est aujourd’hui une dictature que « le type » (on ne prononce pas son nom) dirige d’une main de fer dans un gant d’acier, et qui met des centaines de réfugiés sur des embarcations de fortunes. Beaucoup d’attendrons jamais l’Europe. Au travers de cinq récits, les auteurs s’interrogent sur les raisons des transformations de ces pays et l’impact d’un passé commun de colonie. Au Vietnam, après deux guerres que les Français puis les Américains ont perdu, l’ambiance n’est pas au beau fixe et les puissances d’aujourd’hui, Chine et USA, se jouent des autochtones pour se faire la guerre à distance. En quelques pages, ensuite, parlant du Rwanda, les auteurs proposent une explication coloniale Belge à la classification ethnique, Hutu et Tutsi, qui engendra à très court terme les génocides que l’on connait. En Inde, les colons anglais soutiennent tour à tour nationalistes musulmans et hindous, ce qui fait que ces communautés religieuses s’affrontent toujours aujourd’hui dans le sang. Les auteurs finissent par l’Algérie, une histoire, une guerre civile par-delà la mer, qui n’est pas encore réglée.
Le dessin de Miranda Burton, au trait fin, gracile, et aux couleurs un peu passées, n’atténue que peu la dureté des faits et les cris de l’histoire.
Avec cette BD, les auteurs font passer le message que bien des atrocités d’aujourd’hui puisent leurs racines dans le colonialisme d’hier. Un retour arrière nécessaire pour espérer aller de l’avant.








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