7

Critique de L'été qu'on n'a jamais quitté #1

par Tampopo24 le lun. 12 oct. 2026 Staff

Rédiger une critique
Un jour sans fin en été

Je suis nostalgique de l'été... Mais non, je rigole. Je suis heureuse d'être en automne. Cependant cette couverture qui me rappelait inconsciemment le trait de Jun Mayuzuki sur Kowloon m'a appelée, à mes risques et périls. 

Avec ses plus de 12 tomes au Japon, j'avoue être curieuse de voir comment le concept va évoluer, car nous sommes là sur une version manga d'Un jour sans fin, presque croisé avec l'île déserte urbain, avec ces deux adolescents qui se retrouvent pris dans une boucle temporelle et revivent inlassablement le 31 août, dernier jour de leurs vacances, alors que personne ne s'en rend compte a priori. Alors chaque chapitre met en scène leurs retrouvailles quotidiennes, qu'ils sont les seuls à revivre et qu'ils font évoluer dans un monde qui, lui, ne bouge pas d'un pouce. Singulier. 

Je suis une grande fan du film avec Bill Murray, mais celui-ci à son humour pour lui. Ici, ce n'est pas l'angle choisi. Celui-ci est celui de la romance adolescente, une romance écrite pour de jeunes garçons eux-mêmes en quête d'amour et ça se sent. Male gaze à gogo, héros maladroit qu'on excuse quand il ne sait pas s'y prendre avec les filles, le tout avec un humour assez mince. Je m'attendais peut-être à plus de finesse...

Cela se laisse lire cependant. J'aime ce concept, c'est un schéma que j'aime retrouver et avec lequel j'aime voir les auteurs et les personnages jouer. J'avoue que pour le moment, j'aime qu'on ne se concentre que sur les deux héros et leur relation. Le début est certes trop abrupte, quand Suzuki annonce que ce qui le coince peut-être là est son regret d'être puceau et qu'il propose à Takagi d'être sa première car c'est la seule vu la situation qui pourrait accepter... Heureusement, cette énorme maladresse est peu à peu écartée au fur et à mesure qu'on les voit apprendre à faire connaissance. Je trouve juste cela un peu ubuesque qu'elle se mette à craquer pour lui quand on voit avec quelle maladresse froide il se comporte avec elle. L'auteur laisse à penser qu'elle n'a craqué que parce qu'il est le seul avec lequel elle interagit et parce qu'il est classe en tenue de judo. Mouaif... Ce n'est pas la relation la mieux fondée que j'ai lu, ni la plus passionnante. 

Mais l'ensemble dégage quelque chose de tellement maladroit aussi que ça me rend curieuse. Je suis curieuse de voir comment ils peuvent écrire une relation dans de telles circonstances, comment ils peuvent communiquer alors que leurs messages s'effacent d'un jour sur l'autre, comment ils peuvent demander conseils à des gens qui l'ont oublié dès minuit, etc. Il y a une forme d'humour étrange dans ce drôle de ballet romantique qui n'en finit pas. Ils testent, sans penser aux conséquences, car rien ne reste, rendez-vous dans un café branché, piscine au lycée pour garçons de l'un, rendez-vous à domicile chez l'autre, avec parents absents, etc. J'aime bien l'ambiance hors du temps que cela donne. J'aime ce quasi huis clos entre eux où les personnages semblent absents car ils sont absents de la boucle qu'ils sont les deux seuls à vivre. C'est assez unique et cela interroge sur plein de points. Cependant, est-ce que l'auteur sera assez fin pour le voir et le développer. Je m'interroge. 

Quand aux dessins qui m'avaient attiré, ils n'ont malheureusement rien à avoir avec ceux de Jun Mayuzuki. Ils n'ont pas leur poésie. Ils sont plus classiques. Issu du Morning de Kodansha, ils n'ont pas été sans me rappeler ceux de Katsura (Video Girl Ai, I''s, Zetman...) qui aimait lui aussi les fesses et poitrines rebondies sur lesquelles il zoomait ainsi que les visages en coeur comme ceux de Takagi et ses cheveux raides comme des baguettes. En revanche, le dessin de Suzuki manque de vie. Je veux bien qu'il soit coincé et inexpérimenté, mais il est surtout raide comme un bâton en permanence. Pour quelqu'un qui fait du judo, j'ai du mal à y croire. Et surtout, je n'aime pas du tout son regard vide. 

En bref

Je reste curieuse. Je me demande comment l'auteur va tenir plus de 10 tomes avec ce concept assez limité, où les héros apprendre à se connaître, pour se rapprocher et avoir une histoire qui aidera à débloquer la situation, avec l'un qui est ultra coincé et totalement novice, et l'autrice qui semble quand même avoir un petit trauma bloquant le processus malgré l'envie qu'elle manifeste en premier lieu. C'est une drôle de façon de célébrer l'adolescence et ces grandes vacances qu'on ne veut jamais voir finir. A voir sur la longueur, mais j'aimerais qu'on intègre un peu plus de vie, d'humour et peut-être d'autres personnages pour alimenter l'intrigue sur le long terme.

7
Tampopo24 Suivre Tampopo24 Toutes ses critiques (2416)
Autres critiques de L'été qu'on n'a jamais quitté
Boutique en ligne
7,70€
Boutique en ligne
7,70€
Boutique en ligne
7,70€
Boutique en ligne
7,70€
Laissez un commentaire
Commentaires (0)