Galères new-yorkaises
Je me délecte vraiment de chacun des tomes des aventures américaines de Dai et de ses nombreuses galères, mais celui-ci avec son déplacement dans un nouveau quartier de NY tient une certaine place.
En effet, on le voit vraiment galérer avec son groupe depuis leur arrivée et c'est bien, car ce fut trop longtemps trop facile pour lui, pour eux. Les voir confronté à la réalité, ses galères, ses choix, et turbiner, me plaît. Cela ajoute de la matière au titre et ne nous place pas que sur le registre de la musique, même si c'est ce dernier qui me fait le plus vibrer, je l'avoue.
Cette fois, Dai réalise que peut-être ils ont fait le tour du quartier où ils sont et qu'ils sont bloqués. Découvrir un autre quartier radicalement différent, plus inspirant, sera une bonne chose, même si ça ne va pas simplifier les choses. L'auteur ne nous montre pas le temps qui passe et pourtant nos héros passe les saisons et sont toujours là, insistant pour trouver leur place et creuser leur trou vaille que vaille. Ce nouveau quartier qui va les attirer, où ils vont déménager au bon moment, c'est Harlem. Et j'avoue que ça m'a plu de faire un petit séjour immersif là-bas. On a tellement une sale image du quartier. L'auteur d'ailleurs ne botte pas en touche à ce sujet et l'affronte. Mais il montre aussi la grande solidarité de ses habitants, la richesse de leur culture et les opportunités qu'ils peuvent offrir à un groupe comme celui de Dai. C'est ce dont ils avaient besoin pour se renouveler. J'ai hâte d'en voir les fruits.
En attendant, ils enchaînent plutôt les galères : manque d'argent, nourriture qui manque également, fatigue, absence de concert... Et c'est suite à l'une de leurs rencontres qui se rappelle d'eux qu'ils vont avoir une nouvelle opportunité surprenante, ou plutôt Dai : un concours pour élire le meilleur joueur de jazz, le tout par instrument, et cette année, c'est celle du saxo. Quelle excellente coïncidence ! Surtout quand on sait toutes les portes qu'une victoire ouvre et qu'on voit les exemple précédents. Une nouvelle porte s'ouvre devant Dai, qu'on a hâte de le voir emprunter, même si ça ne relance pas forcément l'intrigue dans la direction imaginée, mais au moins l'auteur ne se répète pas et propose toujours des schémas d'évolution différents à son héros selon les lieux où il se trouve et les groupes qu'il forme. J'aime !
En bref
J'ai peut-être moins vibré dans ce tome que dans d'autres mais le chemin humain emprunté m'a touché et ému, à l'image du jeune Elvin, petit black qui l'aide à découvrir le quartier, avec qui il va nouer une belle relation. C'est ce qui fait la richesse de cette oeuvre, sa musique, oui, mais aussi ses rencontres. On a la musique juste un bref mais intense moment. On a l'humain tout du long. C'est ce qu'on aime !







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