Critique de Le destin de la princesse sirène #1
par Tampopo24 le dim. 25 oct. 2026 Staff
Libérer les Chimères !
La révolte contre l'ordre établi est un sentiment puissant depuis toujours chez la jeunesse. Il est en cela alimenté par des oeuvres empli d'humaniste comme c'est le cas avec ce qui pourrait sembler être le doux Destin de la princesse de la sirène.
Sur le papier, en couverture, une jolie sirène souriante avec des petits poissons en arrière-plan et un trident. En résumé, on nous parle d'une sirène qui rencontre son prince. Quand on lit l'histoire, on se retrouve plutôt dans un monde oppressif où les enfants nés en ressemblant à des chimères, par exemple les sirènes, sont rejetés et traités comme des pestiférés dans leur pays, voire souvent envoyés à l'étranger manu militari pour s'en débarrasser. Or, la princesse de ce royaume est née sirène et son père le cache bien sûr !
Yoshino Fumikawa et Miya Tashiro nous proposent donc d'entrer dans le quotidien d'une jeune adolescente, brimée depuis sa naissance, qu'on n'a gardée que parce qu'elle représente un atout stratégique pour sa famille en étant promise au prince du pays voisin. La princesse Mio est totalement passive au début, résultat d'années de séquestration dorée mais aussi d'expérimentations et de lavages de cerveaux pour lui faire croire qu'elle était une créature honteuse, contre nature, et qu'elle valait moins que les humains. Heureusement, il suffit de l'arrivée d'un nouveau précepteur pour l'aider à réaliser combien tout cela est injuste.
Le propos porté par les autrices est un grand classique de la fantasy : la lutte contre les oppresseurs, que je suis ravie de voir adapté à un jeune public. Certes, les personnages ne brillent pas par leur charisme pour nous lecteurs adultes, mais ils sauront enthousiasmer les plus jeunes dans leur quête et désir de rétablir l'égalité et la liberté. Je trouve l'idée de dénoncer ce pays injuste et ségrégationniste très belle. Cela confronte le jeune lecteur aux injustices raciales avec un filtre de fantasy mais quand même. Cela lui montre aussi qui rien n'est lisse alors, qu'il n'y a pas qu'un type de victimes, qu'il n'y a pas que des suiveurs non plus. C'est très bien en ces temps troublés.
L'histoire se déploie ainsi rapidement et efficacement, présentant le royaume de Brognig et ses habitants, leur régime injuste, ainsi ce que ce qu'ils font subir aux chimères, le tout à travers le prisme de la princesse. Shojo pour petite fille oblige, on retrouve un trait encore plus rond, plus ''magique'', façon Ribon (mag de prépu spécialisé pour elles, qui est un peu la norme). L'histoire adopte une romance entre le précepteur, qu'on a tôt fait de reconnaître, qui est celui qui ouvre le regard de la princesse, qu'il va aider ensuite dans son entreprise, en commençant par chez elle avant d'élargir, je parie. C'est classique mais efficace et plein de bons sentiments.
En bref
Former la jeunesse à se révolter contre l'injustice, cela ne se fait pas en une nuit et nourrir leur réflexion est une tâche quotidienne. Je suis ravie que de tels titres alliant divertissement et idéaux existent. Si en plus on a de jolis dessins et la promesse d'une série courte (7 tomes) et efficace, c'est un grand Oui !







Laissez un commentaire
Commentaires (0)