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Critique de Tokyo Killers

par Skeet le mer. 23 mars 2016 Staff

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Voir le nom TANIGUCHI sur la couverture d'un manga suscite directement un fort intérêt de la part des nombreux fans de l'auteur. Surtout que dans le cas présent, nous allons parler d'une oeuvre que l'on n'attendait pas vraiment puisqu'il s'agit d'un recueil d'histoires courtes datant des années 80.

Voilà donc un recueil qu'il est bien difficile de juger de par sa singularité. En effet, il faut savoir que toutes les petites histoires qui composent ce manga représentent un sorte d'hommage au film noir pour reprendre les termes de l'éditeur. Ceux qui connaissent bien Taniguchi vont découvrir une autre facette de son oeuvre qui représente néanmoins une exception.

La première histoire "Good Luck City" et surtout sa forme annoncent la couleur. Pendant un peu plus de 30 pages, nous avons droit à une histoire présentée à la manière d'un roman graphique avec des cases dessinées sur la majorité de la page et un rectangle de texte en bas qui est censé accompagner ce que nous voyons. Quand on s'attend à lire un manga, l'accumulation de texte peut devenir lourde même si au final ce n'est rien comparé à un roman classique. Et pourtant, c'est bien l'effet que cela a produit sur moi. Mais attention, ceci est surtout dû à la façon dont sont écrits la plupart des textes de cette histoire. Ici, on a parfois du mal à voir le rapport entre les textes et les dessins présentés juste au-dessus tant il sont alambiqués. Beaucoup de métaphores plus ou moins compréhensibles à vrai dire. Par contre, le découpage et les dessins en couleur sont plutôt réussis même si on voit bien que le trait du maître n'est pas encore tout à faire mature sur certains points.

Les quatre histoires qui suivent ont été faites de manière classique, comme les mangas que l'ont connaît. A noter que la dernière histoire est en fait signée par Alain Saumon, un français. Il a eu la chance de voir son script mis en scène par Jirô Taniguchi et publié au Japon. Toutes ces histoires ont un peu la même saveur et les thèmes abordés tournent autour de la vengeance, de l'amour et de la mort. Mais le point commun entre toutes ces histoires est le duel. Hommage aux westerns ou aux combats de samurai ? Peut-être un peu des deux allez savoir !

L'ambiance qui règne est à la fois noire, sérieuse et mélancolique mais à chaque fois, de l'action ou du sexe vient casser le rythme de la narration. Côté sexe, rien de bien méchant mais il faut bien se dire que pour l'époque, ce n'était pas très commun de proposer de telles scènes. D'une manière générale, les femmes ont une grande place dans ce recueil et sont représentées par des personnages forts, qui tiennent tête aux hommes sans problème... encore inhabituel dans un manga à cette époque. Mais ce qui prime dans toutes ces histoires, c'est bien l'ambiance très posée avec peu de dialogues. Mais même sans dialogue, certaines planches restent très expressives et communiquent beaucoup de choses surtout grâce au sens de la mise en scène de Taniguchi qui semble s'être très bien imprégné des films noirs pour l'occasion.

Ceci étant dit, dans le fond, les scenarios des différentes histoires n'ont rien de réellement exceptionnel. C'est assez convenu et on sent que le but n'est pas de nous surprendre et de nous en mettre plein la vue (ce qui peut être positif en soi). Hotel Harbour-View reste pour moi la plus originale (avec la première sous forme de roman graphique bien sûr), les autres ne présentant pas grand intérêt scénaristiquement parlant au final.

En bref

Ce recueil d'histoires courtes n'est clairement pas indispensable mais nous montre une facette inconnue de Jirô TANIGUCHi et rien que pour ça, il mérite le détour pour tout fan de l'auteur. L'ambiance et la mise en scène "cinématographique" sont les véritables points forts de ce manga mais le reste laisse un peu de marbre.

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