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Critique de Sukedachi nine #1

par Skeet le mar. 21 juin 2016 Staff

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Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse


Face à l’augmentation de la criminalité, le gouvernement japonais a décidé de réviser un article de loi qui interdisait la torture et les châtiments cruels. Ainsi, lorsqu’un assassinat est commis, la famille de la victime a le droit de faire appel à la “Loi de réparation” afin que le coupable subisse la même chose que ce qu’il a infligé à sa victime. Chaque requête est examinée et validée ou non par un juge.


Tout ceci est bien sûr encadré et ce sont les Sukedachi, une équipe spéciale de la police, qui ont la charge d’exécuter les assassins. Mais ce n’est pas tout : la personne ayant fait appel à la loi de réparation assiste à l’exécution via un dispositif de vision en 3D qui lui donne l’impression de perpétrer l’acte elle-même.


 



© 2015 Seishi Kishimoto / SQUARE ENIX CO. LTD.



Cette exécution s’apparente en fait plus à un duel à mort entre un Sukedachi et le criminel. En effet, les deux individus se retrouvent dans “l’enceinte”, une ville désaffectée de 23 km² et vont s’affronter jusqu’à ce que mort s’ensuive. Si le détenu arrive à tuer le Sukedachi, il aura droit à trois ans de prison et une mort “douce”. Sinon, il aura droit immédiatement à la même mort que sa victime.


Bienvenue dans un monde où les proches des victimes peuvent se venger légalement par procuration… bonne ou mauvaise chose ?



Une histoire de vengeance


En s’attaquant à un sujet tel que la peine de mort, l’auteur de Satan 666 rentre dans un registre beaucoup plus sérieux et réaliste qu’à son habitude. En imaginant l’arrivée d’une nouvelle loi qui encadre et légalise la vengeance, l’auteur soulève de nombreuses questions. Comme vous le savez peut-être, la peine de mort est en vigueur au Japon et dans ce manga, il ne s’agit pas réellement de nous faire réfléchir sur le bien fondé de celle-ci (mais un peu quand même) mais plutôt sur la notion de vengeance.




© 2015 Seishi Kishimoto / SQUARE ENIX CO. LTD.



L’envie de vengeance est sûrement le sentiment le plus humain et pourtant le plus irrationnel qui soit. Que nous apporte la vengeance ? Peut-elle vraiment soulager profondément une âme meurtrie ? Fait-elle de nous des criminels à notre tour ? L’auteur essaie de nous montrer plusieurs cas de figure et des réactions différentes face à la perte d’un proche. Certains vont être soulagés et vont avoir l’impression d’avoir fait ce qu’il fallait et d’autres vont être plus mitigés et se disent que de toute façon, cela ne va pas ramener leur proche à la vie pour autant… Cette façon de présenter les choses est très intéressante et donne vraiment à réfléchir sur un sujet qui nous concerne tous à différents niveaux.


Mais après tout, la peine de mort n’est-elle pas déjà une forme de vengeance ?


 


Des bourreaux d’un genre nouveau


Yûji Yamagishi, le Sukedachi n°7, est donc un des exécuteurs. S’il est choisi pour appliquer la sentence, il va devoir tuer un criminel dans des conditions bien précises. Mais pour faire partie de cette unité très partucllière, la condition est de pouvoir ressentir la peine des gens et de partager ce sentiment de haine. Tous les Sukedachi ont déjà été personnellement confrontés à cette peine en tant que victime ou proche de victime. On parle donc ici de véritable compassion de la part des Sukedachi. Ils font également office de psychologue en quelque sorte.


Dans ce premier tome, nous avons droit à plusieurs exécutions et selon les circonstances de la mort de la victime, son passé, son histoire, un Sukedachi se porte volontaire. Chacun d’entre eux à son style et sa façon de se battre. Même si leur travail est de donner la mort, ce ne sont pas des machines à tuer dépourvues de sentiments comme on pourrait se l’imaginer. Ils ont subit des traumatismes qui les rendent profondément humains.




© 2015 Seishi Kishimoto / SQUARE ENIX CO. LTD.



Ce premier tome est intelligemment articulé puisqu’on évite la lassitude malgré un schéma répétitif en apparence. En effet, les exécutions s’enchaînent mais les cas sont bien différents et l’auteur soulèvent différents problèmes liés aux demandes de réparation. De plus, le dernier chapitre de ce tome se démarque du reste et nous offre une histoire plus mouvementée avec des surprises. Par contre, j’ai trouvé la dernière page sortie de nulle part, comme si l’auteur voulait absolument nous coller un “cliffhanger” pour nous donner envie de lire la suite et ne pas finir sur une intrigue achevée. C’est compréhensible mais franchement maladroit.


En tout cas, l’avant et l’après exécution sont en tout cas bien plus intéressants que les exécutions elles-mêmes qui sont souvent peu crédibles et sans réel intérêt. Dommage car le reste est justement bien ancré dans la réalité. Quoiqu’il en soit, j’ai trouvé tout ça bien noir pour un shônen. Seule la composition de l’équipe des Sukedachi nous rappelle qu’on en lit un.


 


Retrouvez aussi cette chronique en vidéo :
 


En bref

Malgré les apparences, Sukedachi 09 n’est pas qu’un simple défouloir dans lequel des personnes se vengent en torturant des criminels. L’auteur apporte pas mal d’importance à l’histoire des victimes et de leurs proches pour nous offrir un récit qui navigue entre réflexion sur la peine de mort/notion de vengeance et action plus basique lors des exécutions. Malgré un final un peu maladroit, ce premier tome est plutôt réussi et présente assez de qualités pour donner envie de poursuivre.

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