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Critique de Dreamland #1

par ivan isaak le mar. 2 août 2016 Staff

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Débutée dans le magazine éphémère Shonen en 2005, Dreamland a connu une seconde jeunesse en 2012 avec la réédition des premiers volumes de la série, redessinés pour l’occasion par son auteur, le montpelliérain Reno Lemaire. Une manière pour lui de rattraper certains « manques » de l’époque où il était encore débutant, et surtout de préparer son titre pour l’international, Dreamland étant désormais disponible en Allemagne notamment. La série est toujours en cours chez nous, avec désormais 15 volumes disponibles. JE 2016 était l’occasion de mettre en avant la « French Touch » et le premier volume de la série était gratuit en numérique : parfait moment pour se lancer. L’histoire de Dreamland nous fait suivre le lycéen montpelliérain Terrence, qui se retrouve du jour au lendemain propulsé dans le « monde des rêves » en tant que « voyageur ». En vainquant sa peur du feu, il devient détenteur d’un pouvoir qui va lui permettre de vivre des aventures palpitantes dans ce monde où la fiction semble bien réelle. Terrence doit donc apprendre à jongler entre sa vie de lycéen ordinaire, cancre et amoureux transi de la jolie Lydia, et celle de ses rêves, nettement plus mouvementée. Sur ce premier volume, on suit donc deux « histoires » : celle de Terrence le lycéen, et celle de Terrence le manieur de feu de Dreamland. Dans la première, Terrence et son frère ainé Ben doivent passer le bac cette année (le repasser pour Ben). Peu portés sur les études, les deux frères ne sont pas des premiers de la classe. Et hormis Lydia, rien ne semble réellement intéresser Terrence. Dans la seconde, Terrence est donc un Voyageur et sera amené à rencontrer d’autres jeunes gens comme lui, mais aussi à se faire des ennemis sans forcément le vouloir… Il s’est aussi trouvé un objectif : protéger les rêves des gens. Un vieux étrange sera sa première rencontre dans Dreamland mais Terrence décidera de suivre sa propre voie. Si ce premier volume est sorti initialement en 2006, c’est bien de la version « remasterisée » de 2012 dont nous allons parler. La précision a son importance car il semble qu’il y ait un certain écart graphique entre la première version et celle-ci. Disons-le tout de suite : heureusement ! Car, certes, le trait de Reno Lemaire ne fait pas mauvais fanzine, mais il est tout de même, sur ce premier volume en tout cas, largement perfectible. On regrettera, pêle-mêle, la simplicité de certains passages, le chara-design peu varié voire parfois simpliste, des scènes d’action parfois très brouillonnes, des tentatives d’ambiance peu convaincantes… Bref, de ce côté-là, on trouvera plus de points à améliorer que de félicitations à formuler. Mais il ne faut pas non plus penser que cela va forcément nuire au plaisir de lecture : c’est parfois gênant, parfois troublant, mais c’est surtout un poil décevant quand on sait qu’il s’agit d’une version redessinée. Dreamland reste malgré tout dans le haut de la pile des titres réalisés par des francophones mais n’est, sur ce premier volume, pas à la hauteur de ses modèles graphiquement (on sent dès la première double page en tête de chapitre l’influence d’Eiichiro Oda, confirmée par l’interview de fin de volume). Bien évidemment, Dreamland ne se résume pas qu’à ces quelques soucis graphiques. Reno Lemaire a mis en place un univers qui devrait s’annoncer très riche, même si on se dit à la lecture de ce tome d’introduction que certaines idées semblent arriver au fur et à mesure du récit. On l’aura compris rapidement : les aventures de Terrence au lycée ne seront là que pour « meubler » (pas que, certes, mais cela reste moins palpitant), l’intérêt principal résidant dans Dreamland et ses mystères. Car reconnaissons-le : en choisissant comme théâtre des aventures de nos héros le « monde des rêves », Reno Lemaire a eu une idée de génie, qui lui ouvre de très grandes possibilités. Il ne tient qu’à lui de les développer au mieux ! Pour le moment, nous avons quelques pièces du puzzle : les Voyageurs, les différents mondes de Dreamland, les maitres des éléments, la Clé des songes, le vieux… Tout cela intrigue beaucoup et même si on ne sait pas encore quelle sera la quête de notre héros, on entrevoit déjà quelques rivalités, quelques obstacles et un destin hors du commun. Bref, le monde proposé semble offrir une infinité de destins imaginables, avec des aventures comme on ne peut en espérer qu’en rêves… On a donc hâte de voir ce que cela va donner par la suite ! Tête de file de la génération de mangakas français, Reno Lemaire et son Dreamland offre un début assez contrasté, entre un style graphique perfectible et un monde imaginaire plein de promesses. Plus longue série française de style manga parue à ce jour (le 15ème volume est sorti le mois dernier et le 16ème arrive bientôt), Dreamland semble posséder suffisamment de qualités pour s’imposer sur la durée et maintenir l’intérêt des lecteurs grâce à ce qui fait toujours la différence : son histoire. Il ne reste plus qu’à Reno Lemaire à parfaire son style et le confirmer sur la durée et le titre se positionnera sans problèmes aux côté de ses modèles nippons. A suivre donc !

En bref

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