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Critique de Ubel Blatt #18

par Charlie One le jeu. 1 sept. 2016 Staff

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Ma décision est prise et la sentence est tombée : j'arrête Ubel Blatt. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons en fait.

La première, c'est qu’Ubel Blatt donne la fâcheuse impression de faire du surplace depuis la reprise de son hiatus, il y a quelques tomes de cela, en 2012, après un peu plus de 2 ans d’absence. Il semblerait par moment que Shiono ne sache pas vraiment dans quelle direction il souhaite orienter sa série phare et franchement, cela se sent et cela se reflète par une absence de vrais moments percutants.

Pour preuve, j'en veux qu'il me reste un vague souvenir de ce que la première dizaine de tomes racontait. C'est loin d'être très détaillé dans ma tête mais après tant d'années et un manque de temps pour me caler une relecture annuelle du titre, je me suis habitué à me reposer sur les grandes lignes de l'intrigue. Mais je conserve un très bon souvenir de ces premiers tomes donc cela n’est pas si dérangeant.
En revanche, les événements des tomes 11 à 17 n’ont pas laissé beaucoup de traces, voire pas du tout. La vengeance de Koinzell s'est tellement diluée que la dose ponctuelle de 10 à 15 minutes débouche la moitié du temps sur du remplissage.
Et lorsqu’il ne s’agit pas de remplissage, c'est expédié. Comme à la lecture de ce tome 18 qui nous offre un nouveau face à face torché – à défaut d’un autre mot – entre Glenn et le demi-elfe et entre deux coups d’épée, une révélation manquant d’impact, supposée relancer la rancœur entre les deux protagonistes. Bof. Pour tout vous dire, j’avais oublié que Glenn était mort une première fois. Oups.

La seconde raison tient tout simplement au fait que la petite troupe de Koinzell n'est plus vraiment exploitée et que celle-ci est éclatée depuis trop longtemps. On s'intéresse à beaucoup de personnages. Des méchants pourris jusqu'à la moelle. Toutes ces têtes interchangeables qui manigancent pour le pouvoir. Mais quid de Peepi, Ato et cie ? La gestion des personnages récurrents sur ce titre est effrayante tant elle peut se résumer à un petit caméo par ci, par-là histoire de dire qu'on ne les oublie pas. Ou comme ici, à une réapparition surprise, sans mise en place préalable et au timing approximatif.

La troisième raison trouve sa source dans les dessins de Shiono. Si encore l'on pouvait y détecter une progression. Se convaincre que pour des planches exceptionnelles, l'on pourrait être indulgent... Mais non. Autant les techniques sacrées déployées par les guerriers d’Ubel Blatt avaient un côté mystique au départ et il était facile d'accepter des planches au contenu abstrait. Autant maintenant, me proposer une double page avec un fond « tempête de sable » pour illustrer la double attaque des ailes noires, je peux plus. La facilité, arrivé au tome 18, je n'en peux plus.

Mais comme je ne suis pas de mauvaise foi, je vous avouerai que ce 18e tome n’est pas si catastrophique que ça. Il est même tout à fait passable et divertit davantage que ses prédécesseurs. Seulement, je m’aperçois enfin que le summum qualité d’Ubel Blatt stagne en dessous d’une limite basse. Trop basse. Peut-être qu’elle redécollera pour de bon mais que voulez-vous : y en a marre d’attendre que l’auteur se réveille !

Parce que depuis le premier tome paru en 2007, j’ai découvert beaucoup d’autres séries. Avec un graphisme plus travaillé. Un scénario mieux maitrisé. Parce que mes goûts ont évolués aussi. Parce que Ubel Blatt se repose sur ses acquis et n’innove plus. Parce qu’elle n’est plus une série de Dark Fantasy épique et exceptionnelle. Parce que sa conclusion n’est toujours pas en vue.

Pour toutes ces raisons, il fallait se rendre à l’évidence. Je n’ai plus envie de lire Ubel Blatt.

En bref

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