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Critique de Springald

par Skeet le mar. 27 sept. 2016 Staff

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Jack Talons-à-Ressort


Nous sommes à Londres en 1837, dans l’angleterre victorienne et celui qu’on considère immédiatement comme un “monstre” commence à sévir auprès de jeunes femmes. Ses particularités ? Des jambes immenses lui permettant de sauter très haut, des griffes acérées et un rire démoniaque. Personne ne sait qui il est vraiment ni ce qu’il veut mais il s’en prend toujours aux jeunes femmes. Son but est visiblement de leur faire peur car il ne les tue ni n’abuse d’elles.




© 2007 Kazuhiro Fujita. All rights reserved.



C’est alors qu’après être apparu un bon nombre de fois, il disparaît de la circulation du jour au lendemain. Mais trois ans plus tard il refait soudainement surface et cette fois-ci, il va se montrer bien plus violent puisqu’il va jusqu’à tuer toutes ses victimes… L’inspecteur James Rockenfield va décider de prendre l’affaire en mains et fera tout pour arrêter le fameux Jack Talons-à-Ressort !



Le Black Museum


L’histoire de Jack Talons-à-Ressort fait partie des nombreuses légendes urbaines véhiculées par l’angleterre du 19ème siècle. Comme à chaque fois, des faits réels sont à l’origine de ces histoires mais le mystère reste souvent entier et l’imagination des personnes fait le reste.


Toujours est-il que l’affaire Jack Talons-à-Ressort a réellement existé et qu’ici l’auteur nous propose sa vision des choses mais en s’étant énormément documenté ce qui est très appréciable. Du coup, tout est plausible et on se laisse convaincre très facilement ! Pour favoriser l’immersion du lecteur, le récit est ponctué par “la gazette du Black Museum” écrite par Kazuo Jinka qui sont des pages explicatives très intéressantes sur l’affaire de Jack Talons-à-Ressor telle qu’elle s’est déroulée mais aussi sur le fonctionnement de la police londonienne de l’époque et la création de Scotland Yard. Kazuo Jinka est un spécialiste des légendes londoniennes qui a écrit un livre traitant du sujet et qui a largement inspiré Kazuhiro FUJITA.




© 2007 Kazuhiro Fujita. All rights reserved.



L’originalité de Springald est sans aucun doute le parti pris narratif de l’auteur qui a un sens de la mise en scène certain. Ainsi, l’histoire qui nous est contée dans ce manga se fait par le biais de l’inspecteur Rockenfield qui, à l’occasion d’une visite au Black Museum, raconte l’histoire de Jack Talons-à-Ressort à la conservatrice. Le Black Museum est un musée bien réel situé dans les locaux de Scotland Yard et qui a été créé dans le but de centraliser les pièces à conviction et autres photos liées à de multiples affaires criminelles. Bien entendu, ce musée n’est pas ouvert au public mais réservé aux membres de la police et de la justice.


En racontant l’histoire de cette manière, et grâce à plusieurs retours à la “réalité” nous faisant part des réactions de la conservatrice qui est littéralement passionnée par ce que lui explique l’inspecteur, le lecteur a l’impression qu’on lui raconte une histoire assis au coin du feu.



Une ambiance à la Sherlock Holmes


Grâce à ses dessins au trait épais et à l’encrage marqué, Kazuhiro FUJITA restitue parfaitement l’ambiance qui pouvait régner à Londres au 19ème siècle. On ressent le mystère provoqué par la pénombre dominante dans la ville car mal éclairée à l’époque.


Quand on parle d’enquêtes et de Londres, on pense naturellement à Sherlock Holmes et il est vrai qu’on retrouve un peu la même atmosphère, ce qui plaira aux amateurs. En effet, même s’il s’agit de meurtres, on ne bascule pas dans le récit d’horreur et le ton reste assez léger : priorité à l’enquête. C’est d’ailleurs cette “simplicité” et cette volonté de divertir sans user de trop d’artifices qui rendent la lecture de Springald très agréable, mais un peu old school il faut le souligner. Mais attention : Sherlock Holmes et l’inspecteur Rockenfield n’ont pas grand chose en commun ! En effet, l’inspecteur est quelqu’un de bagarreur, d’impulsif et n’a pas tous les talents d’observation de Sherlock. Il n’en est pas moins obstiné et ne pense qu’à son objectif. Son caractère bien trempé donne lui à des scènes musclées notamment avec le marquis (Walter de la poer Strade) qu’il soupçonne d’être le fameux Jack que tout le monde recherche. Le personnage du marquis s’avère être également un personnage haut en couleur à l’attitude désinvolte et provocatrice à premier abord. Voir ces deux personnages s’affronter est vraiment jouissif et les rebondissements ne manquent pas.




© 2007 Kazuhiro Fujita. All rights reserved.



A noter que les 60 dernières pages du manga racontent une petit histoire sympathique qui se déroule après les évènements racontés dans le reste du manga et intitulé Mother Goose - Springald Legacy. Une belle façon de terminer la lecture de ce one shot en plongeant une dernière fois dans l’univers de Jack Talons-à-Ressort.


Un mot tout de même sur l’édition : Ki-oon nous propose un ouvrage de très bonne qualité qu’on a plaisir à avoir en main grâce notamment à sa surcouverture texturée et ses pages en couleur en début de tome. Du très bon travail.

En bref

Springald est un one shot très plaisant à lire qui nous plonge dans l’ambiance si particulière de l’angleterre du 19ème siècle. Avec une narration originale, de l’action et des rebondissements, cette enquête, qui reste une fiction, s’appuie sur des faits réels grâce à son auteur qui s’est très bien documenté. Et puis l’édition de Ki-oon ne vous fera pas regretter d’avoir acheté ce bel ouvrage !

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