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Critique de March comes in like a lion #1

par Charlie One le sam. 25 févr. 2017 Staff

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[Cette critique porte sur les tomes 1 (4/10) et 2 (5/10) de MARCH COMES IN LIKE A LION]



Quel sentiment d’incompréhension et de déception après ma lecture des deux premiers opus de MARCH COMES IN LIKE A LION ! Moi qui étais tout excité à l’idée de découvrir ce titre pensant, visiblement à tort et mal informé, avoir à faire à une nouvelle interprétation du manga mêlant tranche de vie et sport « cérébral » à la manière d’un Hikaru No Go ou d’un Chihayafuru… Et bien pas du tout !!



En préambule, je tiens à préciser que je n’ai rien contre le choix de la tranche vie pure et dure. Mais à l’image des mangas qui se rangent dans la catégorie comédie et qui se doivent de proposer autre chose que du mignon en abondance, ceux s’orientant vers le drame familial et psychologique ont tout intérêt à ne pas trop se complaire dans le malheur et à trouver un bon équilibre entre moments poignants et de légèreté. Voilà concernant mes attentes.



Avec MARCH COMES IN LIKE A LION, on ne rencontre pas vraiment de problème d’identité en terme de création et l’on est totalement à l’abri d’y voir une quelconque ressemblance avec les œuvres précitées mais pour le coup, c’est effectivement très différent de ce que j’avais imaginé. A commencer par la place qu’occupe le shôgi dans ces deux premiers volumes, réduite peu ou prou à une activité dans laquelle Rei KIRIYAMA, 17 ans, s’est enfermé par accident, jusqu’à devenir joueur professionnel. Point de passion chez cet adolescent à qui la vie n’a pas fait de cadeau et qui porte dores et déjà, tout du long de cette introduction, un fardeau qui alourdit pas mal l'ambiance du récit.



Non pas que je sois complétement insensible à ce que Rei peut ressentir mais cette histoire de reconstruction est déprimante ! Entre l’abandon, la perte d’un être cher, en passant par l’isolement juvénile… il est impératif d'avoir le bon état d’esprit pour s'imprégner des thématiques soulevées par MARCH COMES IN LIKE A LION. A titre personnel, étant dans un premier temps plus intéressé par la découverte du jeu nippon, je ne suis pas très motivé pour me lancer dans la suite.



A défaut de trouver son équilibre dans le shôgi, Chica UMINO met donc sur le chemin de son personnage malmené, 3 sœurs : Momo, Hinata et Akari. Gentilles, douces, joyeuses, et bienveillantes – en bref elles ont toutes les qualités possibles pour contraster avec la personnalité dépressive de Rei – les sœurs ont décidé d’intégrer le jeune homme à leur famille et vont l’aider jour après jour, à leur manière, par petites attention, à s’épanouir malgré son vécu compliqué. Une idée qui,, sans sortir des sentiers battus, apporte sa dose de bonne humeur et changement d’atmosphère indispensable. Une idée qui sur le papier vaut le coup d’être développée. Une idée qui n’est pas réellement bien exécutée pour le moment.



Suis-je le seul à avoir été surpris par la quantité de petites scènes de vie quotidienne portant sur de la nourriture ? MARCH COMES IN LIKE A LION ne parle que de ça ! Le déjeuner, le diner, le gouter, la collation… toutes les occasions sont bonnes pour parler de curry ou de dessert, révélant déjà un manque de créativité quand il s'agit de mettre en scènes des banalités. Il y aura bien quelques moments sympathiques par-ci par-là mais rien qui ne me ferait crier au génie.



Côté vie personnelle de notre champion en herbe, j’ai toutefois envie de prendre un moment pour reconnaitre que ces deux premiers tomes ne perdent pas de temps à présenter tous les personnages clés et les premiers événements décisifs pour une bonne compréhension des enjeux, au moyen d’une narration plutôt fluide, cohérente et bien construite. Cela reste intéressant de découvrir le passé familial de Rei en filigrane et les relations que ce dernier a pu construire avec sa famille adoptive.

Mon principal reproche se focalise sur les choix pris concernant quelques-unes des personnalités, un peu clichées. Je pense notamment au père de substitution, dont le shôgi est l’obsession et qui a orienté de manière dramatique la vie de Rei, et à la demi-sœur au caractère désagréable et passablement manipulatrice qui se définit pour l’instant uniquement par l’abandon émotionnel du paternel et sa rancune exacerbée par les années.

Pas irréaliste mais franchement lourd et chargé. Un peu trop.



Ceci étant dit, intéressons-nous maintenant au shôgi, cette célèbre version japonaise des échecs qui met beaucoup de temps à se dévoiler. A l’image de ma critique, l’explication des bases arrivent sur le tard, à partir de la moitié du second tome. Bien qu’extrêmement rares (et courts), les passages de jeux injectés avant cette petite présentation des règles sont tout bonnement incompréhensibles pour le néophyte et la tension censée émaner de ces extraits stratégiques tombent facilement à plat.



On comprend qu’il existe une intensité à capter seulement en découvrant les « rubriques de shôgi », insérées entre les chapitres... L’auteure est en effet accompagnée d’un consultant, professionnel de cette discipline, qui se livre avec plaisir sur sa démarche dans la conception des passages importants dédiés à son domaine d’expertise et qui apporte d’intéressantes informations sur l’organisation de ce monde professionnel.

Et s’il on ressent sans problème cette passion entre les chapitres, je ne peux que regretter que ce ne soit pas le cas pendant. Un décalage qui me parait, objectivement, presque obligatoire compte tenu du niveau de Rei qui n’est pas un débutant mais dont je reste persuadé qu’il aurait pu être atténué par la simple compréhension des bases au préalable des scènes de jeux ou au cours de celles-ci (comme par exemple reconnaitre les différences pièces sur le plateau). Le besoin d’immersion n’est pas comblé.



Terminons enfin par un très rapide passage en revue du dessin de l’auteure. Pour moi, ce n’est clairement pas l’extase. Le style de Chica UMINO est assez réaliste mais très loin de me ravir avec ces cases inutilement surchargées, saturées de bulles et petits textes dispensables qui rendent la lecture laborieuse et indigeste. Le soin accordé aux personnages m’apparait également inégal, tantôt superbement réalisé, tantôt un brin brouillon. Et quelle est donc cette manie de faire rougir systématiquement ses personnages…

En bref

Avec un début d’histoire qui ne correspond pas à mes attentes et une construction graphique qui est aux antipodes de mes préférences, force est de constater que MARCH COMES IN LIKE A LION ne me parle pas et ne m'a pas spécialement touché. Contrairement à d’autres titres s’intéressant aux jeux traditionnels japonnais où la flamme de la passion est vive et captivante, MARCH COMES IN LIKE A LION s’intéresse davantage à la psychologie d’un jeune champion marqué par sa courte vie, d’un adolescent renfermé sur lui-même, en quête de réponses et de sens, pratiquant le shôgi par obligation et devenu professionnel sans conviction. Au final, le parti pris de Chica UMINO est, pour ma part, aussi osé que décevant.

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