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Critique de Links

par snoopy le mer. 1 mars 2017 Staff

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Inspirée par son envie de sortir des sentiers battus, l’excellente idée d’établir des parallèles entre les histoires de quatre couples différents a germée dans l‘esprit de Natsuki Kizu. En innovant de la sorte, l’auteure n’a pas choisi la facilité mais évite le piège des recueils formatés, rapide dans leurs évolutions et laissant souvent un lecteur frustré de ne pas avoir eu la possibilité de s’imprégner du récit. Un fait constaté malheureusement à de très nombreuses reprises si bien que je me suis mise à éviter ce type d’ouvrage. Bien sûr, certains mangaka y arrivent parfaitement mais les romances se prêtent peu à l’exercice à mon sens. C’est donc très agréablement surprise et encore une fois charmée par le travail de cette artiste que je vous livre mes impressions sur ce très bon titre. « Je rêve toujours de la même chose. Je suis dans une salle de concert, à la même place. J’écoute le même morceau du même artiste. Les applaudissements n’en finissent pas et il y a des rappels. Je suis le seul à avoir l’air hébété. Ce concert à guichets fermés n’en finit jamais. Au réveil, impossible de me souvenir du morceau. Pourtant dans mon rêve je sais qui est l’interprète et quel morceau il joue. » 8 hommes, 4 couples... certains se connaissent depuis plusieurs années, d’autres depuis seulement quelques jours. Chacun à son histoire, mais tous se retrouvent dans le fait qu’une simple rencontre a bouleversé le court de leur existence. Links est l’histoire de ces 4 couples réunis par le destin. Une destinée qui leur a accordé à la possibilité́ de vivre une histoire qu’ils n’auraient pu imaginer avant et (re)trouver, peut-être, un sentiment qui pourrait s’apparenter à l’amour. « Malédiction ou élixir de bonheur, l’amour nous relie tous les uns aux autres » En débutant la lecture, on sera interpellé par les toutes premières pages qui viendront faire écho à l’une des thématiques évoquée par l’auteure plus loin renforçant ainsi la magie d’un récit qui nous transportera du début à la fin. Une belle introduction qui plonge ses lecteurs peu à peu dans une douce mélancolie. Au départ, on ne retrouvera pas toute de suite l’esprit choral du titre puisque l’auteure va se concentrer sur une première histoire d’amour assez classique dans son évolution mais intéressante dans sa narration souvent introspective mettant subtilement en lumière la personnalité asociale de l’un des protagonistes. Heureusement, la magie va très vite opérer avec l’apparition des premiers liens entre les personnages. En effet, chacun des personnages connait un membre de l’autre couple allant d’une simple relation de travail à celle de bon voisinage. Elle ne va pas seulement s’arrêter à ses seuls liens mais va également faire en sorte que ses personnages s’influencent entre eux et déclenchent bien souvent un déclic permettant une réelle remise en question ainsi qu’une belle évolution psychologique pour certains. Si certaines histoires comme celle du couple Kameda X Ogikawa se rapprochant grâce à un chat abandonné peuvent sembler plus simplistes, elles n’en dégagent pas moins une réelle fraîcheur tant l’auteure parvient à nous happer par ses dialogues dont chaque mot est choisi avec soin et par une mise en scène méticuleusement pensée. Elles viendront surtout relâcher la pression tant le ton dramatique des deux autres histoires viendra nous bouleverser et faire ressentir de fortes émotions. « L’amour et ses multiples couleurs » Ainsi, le titre tire toute son intelligence dans sa construction car même si l’auteure se concentre par moment sur certaines histoires, le fait qu’elle ait établi des parallèles lui permet de revenir sur le ressenti de certains protagonistes donnant ainsi plus de profondeur à leurs sentiments et évolutions. Un mécanisme qui lui offre la possibilité de ne pas nous révéler toutes ses cartes d’une traite mais plutôt de laisser le lecteur s’imprégner petit à petit des scènes qui se jouent devant lui. Le couple Sado X Nakajô en est la preuve puisqu’ils donnent l’impression d’être un couple qui ne se comprend pas sauf que ce dernier cache une blessure bien plus profonde qui les lie et les éloigne en même temps. L’auteure partagera donc sa vision de l’amour sous de nombreuses formes mais celle qui viendra littéralement bouleverser le lecteur reste celle évoquée par le prisme de la perte d’un être cher. Elle nous surprend en évoquant avec beaucoup de subtilité et de justesse des thématiques comme la reconstruction, l’impact de cette perte sur son entourage, le deuil, la peur de perdre à nouveau un être cher ou encore la culpabilité ; des sujets qui ne peuvent que parler aux lecteurs et les toucher. En débutant la lecture, on ne s’attend pas forcément à une histoire aussi bouleversante et donc on ne peut qu’être agréablement surpris par une intrigue qui se veut finalement plus profonde qu’au premier abord. Enfin, on se laisse complètement emportée par la mélodie jouée par Natsuki Kizu tantôt pleine de douceur tantôt assourdissante presque brutale nous laissant une très bonne impression une fois la lecture terminée. Une dernière petite chose, bien que l’auteure soit parvenue à reconstituer toutes les pièces du puzzle de façon convaincante et réaliste soignant les transitions entre les différentes histoires, on aura tout de même un peu de mal à resituer les personnages tant certains se ressemblent beaucoup trop physiquement. En cela, le résumé de chaque histoire sur la quatrième de couverture se révèle très pratique et règle vite fait ce petit souci qui n’entache finalement en rien la lecture. Le trait de Natsuki Kizu est du même acabit que ses précédentes œuvres et donc encore une fois absolument sublime. La couverture illustre parfaitement ce qui nous attend à l’intérieur, c’est beau, maîtrisé et parfaitement mis en scène. Un vrai régal ! Seul petit bémol, la trop grande ressemblance physique entre certains personnages même si on saluera l’effort fait par l’auteure pour tenter de l’atténuer (tatouage, lunettes, barbe naissante,…) Taifu Comics comme toujours nous livre une édition de qualité aussi bien au niveau de l’impression que de la traduction d’Isabelle Eloy qui est réellement parvenue à s’imprégner de l’esprit du titre.

En bref

Links est sans conteste un beau one-shot dont je vous conseille vivement la lecture. En effet, Natsuki Kizu possède la capacité de nous émouvoir à travers des histoires d’amour tristes, complexes et justes dans leurs évolutions bien souvent positives. Le lecteur s’est tellement imprégner du récit qu’il ressent presque une certaine tristesse à tourner la dernière page. Je remercie Taifu de m’avoir permis de découvrir cette étoile montante du Yaoi ! Je n’ai maintenant plus qu’à prendre mon mal en patience et dévorer le troisième tome de Given une fois sorti dans nos contrées. Petit coup de cœur !

8
Positif

La patte graphique, juste un régal

Un recueil d’histoires innovant dans sa conception

Des thématiques fortes, l’émotion est au rendez-vous

De belles personnalités

L’excellente idée des destinées qui s’entrecroisent

Une belle impression une fois la lecture terminée

Une belle dynamique tantôt douce tantôt brutale

Negatif

La ressemblance physique de certains personnages

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