10

Critique de Bodysuit Fetish

par Charlie One le mar. 7 mars 2017 Staff

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Oui. 5 étoiles. 10/10. Pour BODYSUIT FETISH. C’est pas vraiment crédible si je vous dis que qu’à la base, j’en voulais pas.. Et pourtant c’est vrai. Je n’ai pas de raison précise à vous donner pour ce qui m’a poussé à finalement me le procurer mais je suis bien content de l’avoir fait. Le fétichisme des combinaisons moulantes quoi… quelle idée !

Étudiant d’une école de graphisme, Kuroe se présente comme votre otaku sympathique, féru de jeux vidéo, se spécialisant dans le chara-design et dont l’une des ambitions est de voir ses créations prendre vie. Un souhait qu’il va tenter de réaliser en sollicitant la participation des étudiants en mode, mené par Tôma le prodige de sa promotion. Pour compenser un coût de production trop important, Tôma accepte toutefois de le faire gracieusement, à la condition que Kuroe accepte de devenir son modèle. Pour son plaisir et le nôtre !

Ne serait-ce que sur cette introduction, UNI YAMASAKI s’en sort remarquablement bien, réussissant à nous en offrir une interprétation personnelle engageante et ce malgré le faible attrait de la classique rencontre étudiante – déjà présente dans de nombreux titres.
Quand à l’idée d’un projet commun et d’un échange de bons procédés, on fait difficilement plus spontané et cohérent comme moyen de rapprochement pour deux garçons aux univers différents mais aux intérêts compatibles. Bref, la mangaka convainc sans peine, avec une entrée en matière distrayante et moins didactique que la moyenne.

Le deal étant en place, la collaboration rapprochée entre les deux jeunes hommes prend rapidement forme. Une relation étroite qui, avant de se montrer érotique, se révèle même plutôt comique. Affichant très rapidement son fétichisme, Tomâ prend de court un Kuroe perturbé dans une tenue moulant avec grâce toute son anatomie et qui ne sait trop comment réagir quand un énergumène vient lui lécher le sexe à travers !
Bien sûr, on pourra toujours trouver étrange ou plus simplement ridicule cette absence de « combativité » de Kuroe qui se laisse tripoter sans broncher mais en même temps, c’est ce qui fait tout l’humour, l’érotisme et la légèreté de la scène.
Une première mise en bouche qui est également utilisée pour faire le point sur l’orientation des deux garçons. Une case à cocher dans les codes du yaoi qui s’avère dispensable, compte tenu de ce qui en ressort mais qui, avec un peu de recul, a toutefois le mérite de reléguer les étiquettes habituelles au rang d’anecdote, au profit des envies des personnages. A vous de voir.

Pour la suite, l’auteure montre qu’elle sait s’appliquer, prendre son temps et faire monter l’excitation crescendo, transformant une activité commune en un jeu érotique émoustillant aux multiples étapes ! D’abord avec les mains puis avec la bouche, à travers la combinaison puis finalement à peau découverte, les scènes érotiques de BODYSUIT FETISH sont aussi là pour évaluer et interpréter l'avancement de la relation de Kuro et Tôma chapitre après chapitre.
Les rendez-vous de Kuroe et Tomâ se font en effet de plus en plus intenses et passionnés au fur et à mesure que les deux partenaires se rapprochent sur le plan émotionnel.
En plus d’introduire un potentiel rival pour Kuroe, UNI YAMASAKI développe en filigrane le background et source d’inspiration commune aux deux étudiants qui, entre deux séances d’essayages sulfureux, apprennent à se connaître comme n’importe qui pourrait le faire dans le cadre d’un projet universitaire. Cela permettant de donner la consistance nécessaire à cette relation, qui ne saurait être plus qu’une succession de rencontres charnelles sinon.

Sur l’aspect graphique, l’auteure fait également ce que je considère un sans faute. Agréable à l’œil et détaillé, le dessin ne présente aucun défaut majeur, est fluide, lisible et parfaitement maîtrisé lorsqu’il s’agit d’illustrer des instants de plaisir et d’exploiter avec imagination la combinaison moulante.
Celle qui m’apparaissait comme un obstacle au départ, se révèle être une arme particulièrement efficace contre cette forme d’autocensure que l’on retrouve souvent dans les productions yaoï où le sexe masculin est blanchi, grisé, masqué ou plus ou moins correctement dessiné selon l’angle de vue. Bien que restant davantage dans la suggestion que dans la représentation graphique pure et dure, UNI YAMASAKI saura jouer sans retenue la carte de l’érotisme tout en restant dans le carcan du bon goût.

En bref

GROS, GROS coup de cœur donc pour ce titre d'UNI YAMASAKI. LA surprise yaoï de ce début d’année. Le choix du fétichisme comme thématique centrale apporte une énergie unique et un énorme potentiel érotique, parfaitement cultivé par l’auteur. Alors oui, c’est très porté sur le sexe et ce n’est pas le scénario le plus complexe de la décennie mais cela n'enlève rien aux qualités d’écriture et d’illustration de BODYSUIT FETISH, faisant de celui-ci une lecture extrêmement agréable. BODYSUIT FETISH, c'est : amusant et sensuel, mignon aussi et... excitant ! A DÉCOUVRIR !

10
Positif

La thématique du fétichisme !

La fluidité de la narration !

Un couple attachant !

L’érotisme assumé, sensuel et sa montée crescendo !

L'évolution progressive de la relation !

Un dessin de qualité !

Negatif

Rien, on passe vraiment un bon moment !

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