Fuyumi Soryo, des oubliettes au premier plan


Après avoir connu des débuts très mitigés en France avec ses séries Mars (chez Panini) et ES – Eternal Sabbath (chez Glénat), Fuyumi Soryo a bénéficié de l’aura de Ki-oon pour marquer les esprits avec son titre historique sur les Borgia, Cesare. On la retrouve aujourd’hui toujours dans le thème historique mais dans un one-shot un peu particulier puisque co-édité par l’éditeur français Glénat et avec le soutien du Château de Versailles sur l’une des grandes figures de l’Histoire de France : Marie-Antoinette, « l’autrichienne ».


 



 


Le one-shot, cet art compliqué


Comme déjà abordé récemment (dans la critique de Kiriko), l’art du one-shot est subtil et compliqué à maitriser. Pour réussir dans une entreprise telle que celle-ci, il faut faire des choix malins et efficaces afin de réduire autant que possible les écueils habituels. Forte de sa grande expérience, Fuyumi Soryo a donc trouvé un moyen d’aborder la vie de Marie-Antoinette sous un angle qui lui permet de raconter une histoire en 160 pages environ, sans avoir besoin de se précipiter ou de survoler le caractère de ses personnages principaux. Comme le précise le sous-titre de l’œuvre, Fuyumi Soryo nous propose de découvrir la « jeunesse d’une reine », ou plutôt celle de la Dauphine de France puisque la période abordée précède l’accession au trône de Louis Auguste.


 


Les premiers pas d’une future reine


Etant très loin d’être un spécialiste de l’Histoire de France, je ne parlerai donc pas de la précision historique ou non de l’œuvre, même si les personnes ayant participé à l’élaboration du titre semblent suffisamment connaître le sujet pour ne pas avoir laissé de grosses erreurs se glisser dans le récit. Nous allons donc découvrir la jeune Antonia, 14 ans, choisie pour devenir la Dauphine de France en épousant Louis Anguste, petit-fils de Louis XV, roi de France. De son départ d’Autriche où elle doit quitter sa famille au début d’une réelle relation forte avec son époux, en passant par la découverte de Versailles et de ses us particuliers, Fuyumi Soryo nous fait découvrir les premiers pas de la très jeune Marie-Antoinette sur le chemin qui la mènera au trône de France, avec le destin qu’on lui connait. On y découvre une jeune fille qui a du mal à se faire aux obligations d’un membre de la noblesse française et qui va, peu à peu, transgresser des règles établies, augurant de ce que sera la suite de sa vie. Le futur roi n’est pas en reste et Fuyumi Soryo ne l’oublie pas, proposant un personnage tout d’abord fermé, avec sa retenue, parfois même sa froideur, mais dont la carapace, due à son héritage royal, se fendra petit à petit… La mangaka prend même le temps de dépeindre quelque peu certains personnages secondaires, comme les tantes du dauphin, la maitresse du son père, son frère, son conseiller… Bref, du beau travail sur aussi peu de pages.


 


 


 



La magnificence de Versailles


Graphiquement, il sera difficile de reprocher quoi que ce soit à Fuyumi Soryo. Les détails apportés dans les décors, nombreux, les vêtements d’époque, variés, et les paysages, sublimes, rendent l’œuvre totalement réussie de ce point de vue, même si on se doute fortement que la plupart des personnages ont bénéficié d’un relifting, leur représentation étant loin de celles que nous connaissons par les portraits d’époque. Mais on est là dans du détail qui ne pourra que faire grincer les plus (trop) pointilleux lecteurs. Le titre ayant été produit en coopération avec le château de Versailles, c’est avec satisfaction que nous retrouvons quelques bonus, comme les multiples sources dont s’est inspirée Fuyumi Soryo, de nombreuses photos et tableaux permettant de faire la comparaison entre la fiction et la réalité, l’aide apportée concernant le château en lui-même ou les costumes…  


 


En bref

Finalement, ce qui empêche ce one-shot d’obtenir une note plus importante est peut-être tout simplement le fait d’être ce qu’il est. En effet, devant autant de qualité, de détails, de précision, et lorsque l’on voit ce que l’auteur est capable de faire avec un titre comme Cesare, on se dit que l’on aurait pu avoir là une série remarquable sur une période charnière de l’Histoire de France et de vrais regrets nous accompagnent lorsque nous refermons la dernière page du titre. Une œuvre très intéressante donc, qui pourrait donner envie à certains l’envie d’approfondir un peu plus le sujet, ce qui est toujours une bonne chose.

7
Positif

Le dessin de Fuyumi Soryo

Le choix intelligent de la période narrée

Des personnages qui ne sont pas délaissés

Negatif

On en veut plus !

Le relooking des personnages historiques (mais bon, c’est plus sympa comme ça)

ivan isaak Suivre ivan isaak Toutes ses critiques (1018)
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