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Critique de Câline et Calebasse #1

par Auray le mer. 18 sept. 2013 Staff

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Peut-être avez-vous remarqué la nouvelle vague d’intégrale Dupuis paraissant ces temps-ci chez votre libraire : après Bizu, Charly, ou encore les Schtroumpfs, j’écrirais aujourd’hui sur Câline et Calebasse. Seuls quelques anciens lecteurs des années 1969 à 1973 du journal Spirou reconnaîtront le cheval et le mousquetaire de Louis XIII derrière le titre. Car l’avantage de ces intégrales est, bien sûr, de faire sortir de l’oubli ces anciennes bandes dessinées, pour mieux les redécouvrir dans une version qui leur rend bien des hommages. Sont-ils exagérés ? Couverture lisse et brillante dans la gamme de ce qui se fait de mieux au niveau des intégrales chez cet éditeur, l’ambiance est donné avec le cheval Câline qui fait la moue, avec sa coiffure à la Brigitte Bardot, sur un canon, et Calebasse habillé dans le costume traditionnel à fleur du lys de la garde rapproché du roi allumant la mèche de l’arme. Mais qui en sont les créateurs ? Mazel est au dessin pour la première fois dans ces années pour les Editions Dupuis, après un passage remarqué dans le magazine Pilote. Je trouve que son trait marie aussi bien la ligne claire comme Hergé (Tintin) que le style Marcinelle (Spirou). Architecte à la base, on se régalera aussi des détails des maisons ou des châteaux moyenâgeux. Pour en savoir plus, on lira la « petite histoire » d’une vingtaine de pages lui étant consacré. On apprendra, par exemple, également qu’il réalisera un tendre rêve en rencontrant Peyo (les Schtroumpfs), Franquin (Spirou), Will (Tif et Tondu) et Morris (Lucky Luke) lors d’un soir en panne d’inspiration. Pourtant, ce qui m’a fait acheter ce livre, c’est le talentueux scénariste Raoul Cauvin, le futur homme associé à jamais aux tuniques bleues, les femmes en blanc ou Cédric pour n’en nommer que trois tant celui-ci est prolifique. Jeune débutant dans ce temps-là, il fera déjà des étincelles à coups de cape et d’épée. La promesse est faite que dans l’une des deux prochaines intégrales qui compléteront la série, un aparté lui soit consacré. Des histoires à formats différents (deux, vingt-deux ou quarante-quatre planches par exemple), souvent inédites en albums, voire même introuvables, sont regroupées ici. On sent qu’au début les personnages s’installent ou se confirment au fil des pages, mais c’est ce qui fait le charme pour ceux qui apprécient de voir sous leurs yeux une création se définir au fur et à mesure. Pour un cheval, Câline, excusez-moi de l’expression, à un caractère de cochon, et M. Cauvin apprécie de lui donner un rôle récurrent sur son fort et mauvais caractère pour le meilleur et pour le rire. Calebasse a un petit côté des héros d’Alexandre Dumas bien sûr, mais également de l’acteur Gérard Philipe. Bref, il s’inspire beaucoup des meilleures scènes de cape et d’épée à travers des récits qui n’ont pour but que de nous divertir, en transportant par exemple, un canon de façon burlesque pour l’île de la Rochelle, ou en sauvant les gentes damoiselles de la cour du roi, et évidemment, le tout en déjouant les mauvais tours de différents malfrats pour le compte du cardinal Mazarin… ses fidèles compagnons seront présents pour l’épauler : le flambeur mousquetaire Monsieur de Château-Neuf et l’épicurien Monsieur de Saint-Emilion. Surement perdu dans l’âge d’or de l’époque du groom rouge, Câline et Calebasse méritent d’être croisé, ils font partie de ces bandes dessinées qui se lisent sans la prétention de faire passer une information historique ou un message politique, mais on y retrouvera des récits qui se lisent d’une traite, qui n’ont pas d’autres buts que de nous faire passer un bon moment à la place du film de cape et d’épée du dimanche après-midi. Les auteurs s’y sont beaucoup amusés, et c’est communicatif, que demander de plus ?

En bref

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