Cet album débute et finit à Venise en 1510 au moment de l'épidémie de peste dont le peintre Giorgione sera victime. Mais Giorgione ne veut pas mourir sans avoir atteint le degré de perfection qu'il attribue au peintre Antonello de Messine. La majeure partie de l'album concerne donc une partie de la vie (romancée) de ce dernier et,en particulier, son séjour à Venise en 1475. L'un comme l'autre, malgré leurs célébrités, cherchent à obtenir la représentation parfaite de la beauté féminine.
Cet album est, selon moi, un hommage passionné de Jean Dytar aux peintres de la Renaissance vénitienne... et aussi une réflexion sur les affres de la création et de la recherche de la perfection. C'est aussi une oeuvre d'érudition fantastique : on y croise la route d'Antonello de Messine et de Giorgione, bien sûr, mais aussi de Giovanni Bellini qui fut le maître de Giorgione et de Titien (Tiziano) qui fut son élève. De nombreux tableaux sont reproduits soit pour leur rôle dans l'histoire, soit repris pour représenter des personnages. Jean Dytar évoque également l'usage de la camera obscura, le passage de la peinture à tempera à la peinture à huile.
On y trouvera aussi, si l'on en a envie, une évocation des relations complexes entre les artistes et les gens de pouvoir politique ou financier ainsi qu'une évocation des relations parfois tendues entre les peintres pour obtenir une commande.
Jean Dytar s'est imprégné de la peinture de l'époque au point que ses dessins semblent réalisés par un peintre de la Renaissance dont les paysages extérieurs à Venise et les visages de ses personnages. Souvent les visages en gros plan sont présentés sur un fond neutre comme les portraits officiels de l'époque.
Ce n'est pas un album facile à aborder. Mais, une fois la lecture commencée, il est difficile de fermer le livre avant la fin.
NB : une table des oeuvres reproduites est donnée en fin d'album.
En bref
8
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