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Critique de Hellboy - En Enfer #1

par Jack! le mar. 13 mai 2014 Staff

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Avant de débuter cette chronique, je dois clarifier que, si j'ai toujours apprécié Hellboy, je n'ai jamais été un inconditionnel de la série. Notamment parce que, malgré le talent de conteur au graphisme irréprochable de Mike Mignola, il peine sur le long terme à secouer le statut quotidien de son héros, instrument de l'enfer qui se contente souvent de faire de la figuration dans ses propres aventures. A ce titre, j'ai une nette préférence pour le B.P.R.D. qui, sous la plume de John Arcudi, ne manque jamais de rebondissements.

Or, en ouvrant le premier volume de "Hellboy en Enfer" publié par Delcourt, qu'apprends-je ? Non seulement que Hellboy est mort (je le savais) mais qu'il est aussi le descendant de Arthur, Roi de Bretagne (ça, par contre...). Tout est dit, il fallait seulement attendre une petite huitaine d'années pour que les choses bougent enfin. Ironiquement, ce premier volume n'échappe absolument pas au constat sus-cité: récemment mort, notre héros voyage avec trois esprits (en écho à "A Christmas Carol" de Charles Dickens) pour contempler ce qu'il reste de son royaume natal mais sans jamais agir (sauf lorsqu'il boxe ses cousins). Le seul acte décisif du personnage dans cette histoire survient lorsqu'il tranche la gorge à Satan... sous la manipulation d'un esprit, bien entendu. Cette première saga débouche sur une prise de conscience du héros; promis à la liberté, libéré du fardeau de sa propre destinée maléfique puisqu'il n'a plus besoin d'ouvrir les portes avec son bras pour libérer les armées démoniaques, est-ce là le début d'un Hellboy entreprenant ?
Pas si l'on croit l'histoire qui conclut ce premier volume; un récit plus court où le héros vient en aide à un quidam déserteur qui a vendu son âme au diable. Un petit conte avec une ambition moindre qui n'aide pas vraiment à définir la place de Hellboy dans sa liberté nouvellement gagnée. Plus ça change, plus c'est pareil. Au final, Hellboy, c'est juste le digne successeur de ces monstres qui veulent qu'on les laisse tranquille. Dommage pour lui.

Cependant s’il y a une chose qu'on ne peut pas retirer à Hellboy, c'est la partie graphique. Mike Mignola retrouve ses marques dans un style bien plus épuré que ce à quoi il nous avait habitué avant l'intérim assuré par Duncan Fegredo. Créatures Loftcraftiennes mi-boucs/mi-pieuvres, décors gothiques côtoyant les plaines infernales, soldats, démons et diablotins, tout le folklore passe sous le crayon de Mignola, aidé par la palette du coloriste Dave Stewart. Un régal pour les yeux qui pousserait quiconque à vouloir jeter un œil à cet étrange bestiaire, fidèles ou néophytes de la série. Car, et c'est à mettre au bénéfice de la série, "Hellboy en Enfer", comme une grande partie de la très riche production de Mike Mignola, peut se lire indépendamment avec un minimum de connaissance, ce qui justifie clairement le nouveau numéro 1 appliqué sur la couverture.

Coté édition, pas de grand changement avec les précédents volumes de la série. Un livre solide qui comprend un carnet de croquis et l'intégralité des couvertures en bonus. Une qualité qui fait l'apanage des livres Delcourt. On pourrait bien reprocher la tendance au livre à se refermer tout seul, mais ce serait vraiment de mauvaise foi.

En bref

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