1914. Membre de la Triple Alliance (avec l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne), l'Italie reste un temps neutre dans la guerre qui vient de se déclencher. Contre promesse de concessions de territoires en cas de victoire, l'Italie change de camp et rejoint la Triple Entente, formée de la France, de la Russie et du Royaume-Uni. Pendant une grande partie de la Guerre, les opérations militaires italiennes se limiteront aux régions montagneuses revendiquées par les interventionnistes, notamment le Trentin, les Dolomites et le Caporetto. Des italiens servant sous les couleurs et vivant jusque là en Autriche rentrent au pays et se voient forcés de combattre certains de leurs anciens camarades.

C'est ce conflit longtemps méconnu, mené dans des conditions climatiques atroces et dans lequel l'homme a su utiliser la force de la nature pour s'en servir d'arme, qui sert de cadre au roman graphique "La Mort Blanche" de l'écossais Robbie Morrison (Nikolai Dante, Judge Dredd, Doctor Who...) et de l'anglais Charlie Adlard. Publié à compte d'auteur à la fin des années 90, "La Mort Blanche" ressort en cette année de commémoration du centenaire de la Première Guerre Mondiale dans une très belle édition remastérisée à partir des planches originales et bénéficiant d'une nouvelle traduction.

Comme il le révèle dans la préface inédite écrite pour cet ouvrage, le dessinateur Charlie Adlard, qui a depuis explosé sur la scène mondiale avec la série "The Walking Dead" dont il est l'artiste attitré depuis plus d'une centaine de numéros, sortait d'une période fructueuse sur le comic-book dérivé des "X-Files" qui ne s'était pourtant pas terminée dans les meilleures conditions. En pleine recherche créative, il s'est mis alors à développer une nouvelle technique d'illustration, à base d'aplats de gris, de fusain et de craie, parfaite pour un album dont il conserverait les droits, dans une sensibilité plus européenne. Les goûts communs d'Adlard et du scénariste Robbie Morrison pour les récits historiques ont donc donné naissance à ce roman graphique admirable, d'un réalisme saisissant.

Fruit des nombreuses recherches des deux auteurs sur le sujet, "La Mort Blanche" centre sa narration sur l'affrontement idéologique entre un soldat dont la loyauté est sujette à caution de par son ancienne affiliation à l'empire austro-hongrois et un sergent-major aux méthodes douteuses, prompt à manipuler ses hommes dans le but de gagner du galon et de sortir victorieux des batailles...affrontement dont l'issue donne froid dans le dos.
Les expérimentations visuelles de Charlie Adlard sont parfaitement adaptées à un récit âpre, aux scènes de bataille intenses et aux rapports humains bouleversants.
Ce gris perpétuel, rehaussé de touches de noir au fusain, est comme une chape de plomb qui s'abat au fur et à mesure sur les personnages et qui détruit petit à petit l'idéalisme de certains.
Ce blanc omniprésent est un rappel constant de la puissance implacable de la nature.

"La Mort Blanche" est un terme qui désigne les avalanches dans les Alpes françaises et autrichiennes...et une avalanche est comme une guerre...

En bref

1914. Membre de la Triple Alliance (avec l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne), l'Italie reste un temps neutre dans la guerre qui vient de se déclencher. Contre promesse de concessions de territoires en cas de victoire, l'Italie change de camp et rejoint la Triple Entente, formée de la France, de la Russie et du Royaume-Uni. Pendant une grande partie de la Guerre, les opérations militaires italiennes se limiteront aux régions montagneuses revendiquées par les interventionnistes, notamment le Trentin, les Dolomites et le Caporetto. Des italiens servant sous les couleurs et vivant jusque là en Autriche rentrent au pays et se voient forcés de combattre certains de leurs anciens camarades. C'est ce conflit longtemps méconnu, mené dans des conditions climatiques atroces et dans lequel l'homme a su utiliser la force de la nature pour s'en servir d'arme, qui sert de cadre au roman graphique "La Mort Blanche" de l'écossais Robbie Morrison (Nikolai Dante, Judge Dredd, Doctor Who...) et de l'anglais Charlie Adlard. Publié à compte d'auteur à la fin des années 90, "La Mort Blanche" ressort en cette année de commémoration du centenaire de la Première Guerre Mondiale dans une très belle édition remastérisée à partir des planches originales et bénéficiant d'une nouvelle traduction. Comme il le révèle dans la préface inédite écrite pour cet ouvrage, le dessinateur Charlie Adlard, qui a depuis explosé sur la scène mondiale avec la série "The Walking Dead" dont il est l'artiste attitré depuis plus d'une centaine de numéros, sortait d'une période fructueuse sur le comic-book dérivé des "X-Files" qui ne s'était pourtant pas terminée dans les meilleures conditions. En pleine recherche créative, il s'est mis alors à développer une nouvelle technique d'illustration, à base d'aplats de gris, de fusain et de craie, parfaite pour un album dont il conserverait les droits, dans une sensibilité plus européenne. Les goûts communs d'Adlard et du scénariste Robbie Morrison pour les récits historiques ont donc donné naissance à ce roman graphique admirable, d'un réalisme saisissant. Fruit des nombreuses recherches des deux auteurs sur le sujet, "La Mort Blanche" centre sa narration sur l'affrontement idéologique entre un soldat dont la loyauté est sujette à caution de par son ancienne affiliation à l'empire austro-hongrois et un sergent-major aux méthodes douteuses, prompt à manipuler ses hommes dans le but de gagner du galon et de sortir victorieux des batailles...affrontement dont l'issue donne froid dans le dos. Les expérimentations visuelles de Charlie Adlard sont parfaitement adaptées à un récit âpre, aux scènes de bataille intenses et aux rapports humains bouleversants. Ce gris perpétuel, rehaussé de touches de noir au fusain, est comme une chape de plomb qui s'abat au fur et à mesure sur les personnages et qui détruit petit à petit l'idéalisme de certains. Ce blanc omniprésent est un rappel constant de la puissance implacable de la nature. "La Mort Blanche" est un terme qui désigne les avalanches dans les Alpes françaises et autrichiennes...et une avalanche est comme une guerre...

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