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Critique de Sexe #1

par Jack! le mer. 1 oct. 2014 Staff

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Si vous cherchez une bande-dessinée érotique stricto-sensus, Sexe n'est pas fait pour vous. La série, dont le premier volume vient de paraitre chez Delcourt, raconte ce qui arrive à un super-héros lorsqu'il décide d'abandonner la cape pour prendre sa vie en main, réfléchir au vide que constitue son existence en prenant exemple sur les autres. Une réflexion qui l'amène forcément à se frotter à un des plus grands plaisirs de l'Homme: la tapisserie ! Non, le sexe bien entendu. Avec la même finesse qui caractérise le scénariste Joe Casey, la série enchaine les scènes d'amours, passant à côté de l'électrisant, du sensuel et parfois du sensationnel qui caractérisent le genre. De fait, Sexe ressemble un peu plus à ces séries HBO qui exhibent les corps nues mais que l'on pourrait difficilement qualifier d'érotique. L'exercice a sa limite. L'érotisme ne fait pas partie de l'ADN du scénariste américain. Pour pallier, Casey s'en va chercher un dessinateur Européen (qui a fait toute une culture de l'érotisme, elle). Piotr Kowalski se retrouve pourtant coincé entre deux genres qui lui échappent : celui d'un comics qui n'est pas tout-à-fait une histoire de super-héros (trait raide) et celui qui n'est absolument pas une bande-dessinée érotique (absence de subtilité, à l'image de son scénario sans fantaisie). Passé ce constat, Sexe se révèle être un récit de déconstruction du mythe super-héroïque comme il en pullule depuis les années 80. Un mythe passé au hachoir de la frustration sexuelle que Casey applique sur un canevas que le lecteur connait bien, une structure purement ''Gothamite''. Sexe c'est ce qui arrive lorsque Bruce Wayne promet à un Alfred mourant de profiter de la vie. Six mois plus tard, il revient à un monde brut où la plupart de ses adversaires et alliés ont raccroché le masque pour se décrépir (serveur, maquereaux, traders ou simple truand, l'âge de raison ?). Casey tire son épingle du jeu en démystifiant l'univers du Caped Crusader à travers une galerie de personnages hauts en couleur, tous très bien rendu par le travail impeccable du traducteur Alex Nikolavitch qui insuffle une voix propre à ces ''masqués en perdition'', une attitude passant par tous les registres du langage: de l'argot au courant, du modéré au plus fleuri, offrant une grande diversité de style (et de comique) à la série. Mais c'est bien tout ce qu'on retiendra de ce premier volume qui ressemble à un ''Californication version super-héros'' que l'éditeur Delcourt aura la faute de goût de publier dans sa collection Erotix. Surtout avec une couverture aussi équivoque qui ne pourrait être plus éloignée du contenu du livre.

En bref

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