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Critique de Sonar

par Le Doc le lun. 28 mars 2016 Staff

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Un petit bateau de pêche navigue au large de la Sicile. À son bord, les pêcheurs parlent de tout, de rien, de politique, de femmes...bref, la routine. Soudain, le plus jeune membre d'équipage se plaint de migraines, entre dans une colère noire, saisit une gaffe et massacre ses collègues...avant se calmer, un sourire hagard sur les lèvres. Le regard du lecteur se porte alors vers la mer, où l'on distingue des formes étranges qui s'éloignent.
D'emblée, le scénariste Sylvain Runberg nous met dans le bain (sanglant) avec cette scène d'ouverture forte qui établit avec efficacité le ton du récit.

20 ans plus tard, au même endroit, des chasseurs d'épaves explorent les fonds marins à la recherche de l'Isabella, un navire italien du XVIè siècle. Ils vont découvrir plus qu'ils ne l'espéraient : le Sun Horse, un yacht disparu lors d'un naufrage en 1967, avec à son bord une importante collection de sculptures. Jeremy, le chef de l'expédition, veut s'entourer des meilleurs pour renflouer ces bateaux et il fait donc appel à son ex-femme Alice, plongeuse émérite...ce qui ne sera pas sans causer quelques frictions au sein de l'équipe.
Les recherches vont révéler des choses étonnantes : les épaves sont très bien conservées, et recouvertes d'une étrange couche de roche. Les plongeurs discernent également des créatures évoluant dans les grands fonds...
Bientôt les plus jeunes membres de l'équipe se mettent à souffrir de migraines et à agir de manière de plus en plus violente, verbalement et physiquement. Et l'ambiance se dégrade de plus en plus...

N'étant pas un grand lecteur de franco-belge, je ne connais pas le travail de Sylvain Runberg, que je découvre donc avec ce nouvel album du label horrifique "Flesh & Bones" publié dans la collection "Glénat Comics" (alors qu'il s'agit bien d'une création française). J'ai apprécié la construction de son histoire, avec une entame brutale, suivie par une bonne montée en puissance, qui prend le temps d'installer les personnages et d'approfondir leurs relations tout en distillant progressivement des éléments horrifiques qui prendront encore plus d'ampleur dans un palpitant et violent dernier acte.
Pendant une grande partie de l'histoire, le scénariste privilégie une horreur psychologique, avec de bonnes idées comme ces cases silencieuses qui insistent sur le tourment que vivent les acteurs de l'histoire. Et il se révèle tout aussi à l'aise avec le gore lors de l'explosion finale. Il ajoute également un épilogue aussi cruel que touchant, qui revient sur le secret que cachait Alice à son entourage.

Réinterprétation d'une célèbre créature, "Sonar" joue plutôt habilement des caractéristiques de cette mythologie et déroule un suspense maîtrisé malgré quelques petites lenteurs. La partie graphique, que l'on doit au malaisien Chee Yan Ong (qui a notamment travaillé sur des comics d'horreur et de science-fiction comme "Dawn of the Dead" de George Romero et "Transformers : Bumblebee"), est soignée, avec des personnages expressifs, des créatures horriblement belles (judicieusement suggérées au début avant leur révélation dans la dernière partie) et une bonne utilisation des niveaux de gris. Un style bien adapté à ce conte horrifique et maritime bien ficelé.





En bref

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