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Critique de Ronin

par Blackiruah le jeu. 7 avril 2016 Staff

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Comme l’indique la très intéressante préface de l’œuvre, « Ronin », de Frank Miller, est une œuvre importante qui a amené une évolution majeure dans les comics et chez DC Comics. Elle a initié le développement de séries hors des univers mainstreams où les auteurs ont toute la liberté de développer leurs œuvres comme ils le souhaitent. En soi, « Ronin » fait partie des précurseurs des modèles « Vertigo » et/ou « Image comics ».

C’est avec ce constat admiratif que je rentre dans cette lecture qui m’a finalement déçu.

Avec Frank Miller, je n’ai jamais de demi-mesure : soit je trouve son travail excellent (« Daredevil »), soit je le trouve complètement à côté de la plaque (« Dark Knight strikes again ») comme pour « Ronin ». Ici, l’auteur a souhaité innover en proposant une histoire mixant culture japonaise et américaine à travers une confrontation entre un ronin et le démon qui a assassiné son maitre, revenus du passé, dans un New York dystopique, dominé par une société High tech.

Cette inspiration est même triple. Outre la culture comics, on perçoit aisément l’influence manga dans les découpages et le dynamisme des planches, surtout dans les scènes de combat à l’épée où l’inspiration de « Lone wolf and cub » fonctionne assez bien. Mais on perçoit aussi une pointe de Moebius dans les parties orientées science-fiction notamment à travers ces grandes fresques sur la ville absorbée par la technologie avec un style tout en rondeur.
Reste que je n’ai pas été conquis par l’aspect graphique et c’est tout le problème de « Ronin ». L’œuvre a mal vieilli avec la trop forte utilisation de formes à la limite du grotesque (surtout avec tout ce qui est lié à la technologie) et les couleurs pastel bien loin des standards modernes m’ont complètement sorti de la lecture (d’ailleurs, je me demande si je n’aurais pas été plus à l’aise avec une version non colorisée).

Dans ce contexte, il aurait fallu un scénario incroyable, mais j’ai déjà lu des sujets similaires auparavant. Pourtant, Frank Miller utilise quelques sujets forts comme l’utilisation d’un personnage féminin fort, Casey McKenna, qui se révèle être le personnage principal de l’œuvre ainsi qu’une forte critique de la technologie prenant de plus en plus de place dans notre société mais la mayonnaise n’a pas pris, trop gêné par les illustrations...

L’édition reste de qualité avec des textes d’accompagnement passionnanst, quelques bonus en fin de volume toujours efficaces : dans la pure tradition de la collection DC deluxe.

« Ronin » est une déception pour ma part. Bien que cette œuvre ait eu une réelle importance dans la culture comics tant par l’aspect graphique que dans sa construction, l’œuvre a pris un vrai coup de vieux rendant l’aspect visuel difficile d’accès. Mais les amateurs de l’artiste, avares de ses expériences graphiques, ne pourront qu’être ravis de retrouver une belle édition d’une œuvre fondamentale qui a servi de laboratoire pour « Sin City » et autre « 300 ». Je ne peux que conseiller cette œuvre pour les amoureux de Frank Miller. Pour les autres, n’hésitez pas à feuilleter avant de vous décider pour éviter la mauvaise surprise.

En bref

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