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Critique de Drifter #3

par Blackiruah le lun. 20 févr. 2017 Staff

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Rares sont les œuvres où, après 3 volumes, je suis perdu sur les volontés des auteurs. « Drifter », qu’on peut traduire par vagabond, narre justement les pérégrinations d’Abram Pollux, capitaine d’un vaisseau spatial, qui s’est écrasé sur la planète Ouro, terre aux allures de Far West peuplée par des races peu acceuillantes. Alors qu’il a perdu une partie de sa mémoire (qu’il retrouve progressivement), il finit par se retrouver à Ghost town où il doit faire face à une cohabitation entre des humains et une race étrange qui rackette la première mais jusque là, l’équilibre tenait le coup. Bien qu’Abram ait fait les efforts pour s’intégrer tant bien que mal, ce dernier tombe dans un traquenard suite à une expédition pour aider la communauté dans les épaves de son vaisseau spatial… C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et Abram va finir par revenir sur Ghost Town provoquant du coup une lutte sanglante qui fera très mal.

« Drifter » est avant tout un savant mélange entre SF et western. On y retrouve les races extra-terrestres, les vaisseaux, une planète inédite mais le tout avec les codes du far west avec cette bourgade dans le désert, le bar qui fait office de « saloon » et le shériff. Bref, Ivan Brandon réussit à faire prendre la mayonnaise à ce niveau et nous nous laissons porter dans cet univers hypnotique et intrigant. Ce volume hautement violent va définitivement faire basculer l’équilibre mettant fin à de nombreux conflits et une situation jusque là tendue. Au final, c’est un énorme massacre qui se déroule devant nos yeux mais les têtes fortes vont tirer leurs épingles du jeu pour poser des difficultés, voir même se sortir de ce mauvais pas.
Mais paradoxalement, le récit s’embarque dans une narration déroutante qui ne donne pas tous les éléments et parfois ne s’imbrique pas correctement : elle me donne l’impression d’une temporalité tronquée volontairement pour brouiller les pistes. Conséquence : je suis légèrement perdu dans les évènements, ne sachant pas où l’auteur souhaite nous amener. Est-ce non maitrisé ? Je ne suis pas convaincu mais j’en ai bien peur.

Par contre, graphiquement, c’est impeccable. Les tons de couleurs froids couplés à l’aspect sableux épousent à merveille le genre SF et western. D’ailleurs, la patte de Nic Klein me rappelle sur bien des aspects les travaux d’Esad Ribic que ça soit tant dans les détails, que dans l’utilisation de la peinture. C’est une belle révélation qui, je l’espère, apparaitra plus souvent dans d’autres univers à l’avenir.

C’est ainsi avec un sentiment étrange que nous refermons ce troisième tome, loin d’être désagréable, avec un cliffhanger qui renforce ce sentiment confus. Reste que Nic Klein et Ivan Brandon parviennent à me tenir en haleine derrière cette curiosité qui a besoin de réponse. Mais bon… j’ai l’impression d’être sur un fil de funambule : pas forcément rassurant.

En bref

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