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Critique de Conan le Cimmérien #2

par Le Doc le lun. 18 juin 2018 Staff

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"Je suis né sur un champ de bataille ! Le cliquetis des épées et les cris de massacres furent mes premières berceuses."

"Le Colosse Noir" fut la quatrième histoire du cycle de Conan publiée dans le pulp "Weird Tales" en 1933. Après la nouvelle "Le Tour de l'Elephant", qui mettait en scène un Conan adolescent, on retrouve dans "Le Colosse Noir" un Cimmérien qui approche la trentaine, engagé en tant que mercenaire. Un coup de pouce du destin le verra changer de statut et devenir le général de l'armée de la Princesse Yasmela contre les forces du sorcier Natohk. C'est un récit qui a marqué une étape importante dans la carrière de Conan puisqu'il relate sa première bataille importante en tant que stratège...mais pas que, puisque le Cimmérien n'est pas le genre de général à rester en retrait sur le champ de bataille.

Au détour d'un dialogue, le mercenaire némédien Amalric suggère que Conan, après avoir revêtu les atours de sa charge, a l'allure d'un roi. Si les nouvelles de Robert E. Howard ne suivent pas une chronologie linéaire, les lecteurs savent que tel est le destin de Conan puisque "Le Phénix sur l'Epée", la toute première histoire parue dans "Weird Tales", le montrait sur le trône d'Aquilonie.

Les textes de Robert E. Howard ont été adaptés à plusieurs reprises et c'est encore le cas pour "Le Colosse Noir". Il y a d'abord eu une adaptation fidèle (et d'excellente qualité) par Roy Thomas et John Buscema dans la revue en noir et blanc "The Savage Sword of Conan", Roy Thomas a ensuite réutilisé certains éléments dans un arc narratif de "Conan the Barbarian" et pour rester dans les comics Tim Truman et Tomas Giorello ont livré leur version dans un comic-book de Dark Horse. Pour ce deuxième tome de la collection Glénat, qui permet à des auteurs du cru de travailler sur le personnage et son univers, Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat sont aux commandes.

N'étant pas un grand lecteur de franco-belge, cet album marque ma première expérience de lecture d'une oeuvre des auteurs du "Roy des Ribauds". Contrairement à Roy Thomas, Vincent Brugeas n'a pas collé au plus près du déroulé de la nouvelle, en ajoutant une scène entre Conan et ses compères mercenaires après l'intrigant prologue avec le roi des voleurs Shevatas et en déplaçant la cauchemardesque rencontre nocturne entre Yasmela et Natohk. Dans la narration, ce sont des choix qui fonctionnent et le tout monte bien en intensité jusqu'à l'épique bataille qui couvre la deuxième moitié du volume.

Le dessin de Ronan Toulhoat a beaucoup de qualités. J'apprécie le soin apporté aux détails, dans les décors, dans les costumes, et la puissance qui se dégage des affrontements, sensation renforcée notamment par la colorisation qui appuie symboliquement sur la sauvagerie des combats et la fureur des protagonistes. Mais j'ai aussi des réserves, sur l'apparence de Conan par exemple (j'ai mis quelques pages à m'y faire, je suis peut-être un peu trop habitué à une certaine représentation visuelle de la création de Robert E. Howard) et sur des effets visuels un peu confus, ce qui entraîne un manque de lisibilité sur plusieurs cases.

Comme pour le premier tome de cette collection Glénat, on trouve en fin de volume un article de l'expert Patrice Louinet et une galerie d'illustrations.

En bref

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