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Critique de Superman - Camelot falls #1

par Le Doc le sam. 10 nov. 2018 Staff

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"Ainsi va le monde, Superman. Les civilisations prospèrent et déclinent. Les âges de lumière ont une fin. Nous montons vers les étoiles pour retomber dans les ténèbres, puis nous reprenons des forces pour l'ascension suivante. Avec un peu de chance, nous montons haut et nous ne retombons pas trop bas. Mais nous tombons dans la nuit. Comme Camelot. Comme l'Atlantide".

Le scénariste Kurt Busiek a débuté sa prestation sur la série "Superman" en 2006 au #650, juste au moment où le titre a repris sa numérotation historique pour la période "Un an plus tard". Busiek a d'abord écrit un crossover à quatre mains avec Geoff Johns avant de prendre seul les commandes au #654. Avec le dessinateur Carlos Pacheco et l'encreur Jesus Morino à la partie graphique, Kurt Busiek s'est lancé dans une longue saga en 10 épisodes intitulée "Camelot Falls" ("La Chute de Camelot" en version française). Un récit qui se relit mieux en un bloc, car sa publication a connu à l'époque de nombreux retards, échelonnant la sortie des numéros sur deux ans (une situation qui rappelle celle du "Dernier Fils" de Geoff Johns, Richard Donner et Adam Kubert).
Aux U.S.A., les chapitres de "La Chute de Camelot" sont sortis en alternance avec de nombreux "fill-ins", dont la plupart sont restés inédits en V.F. Chez nous, Panini a compilé les 5 premiers chapitres dans les numéros 5 à 8 de la revue "Superman/Batman" et les suivants (regroupés sous le titre "Camelot Falls II") dans "Superman/Batman" 13 à 15.

Il est à noter que DC a su garder une unité graphique pour ces 10 épisodes. Carlos Pacheco et Jesus Merino n'ont pas été remplacés pour que le titre sorte dans les temps et c'est tant mieux. Il s'agit là pour moi de l'un des derniers travaux de qualité de Carlos Pacheco, dont l'association avec son compatriote Jesus Merino a toujours fait des merveilles. Les personnages sont beaux (et Zeus, que sa Lois est sexy !), expressifs, les décors sont riches, texturés, extrêmement détaillés, les scènes d'action sont dynamiques et spectaculaires. Bref, c'est très beau et la qualité se maintient sur la durée.

Après un #654 qui propose une nouvelle variation sur la journée typique de Superman, 24 heures bien remplies qui n'empêchent pas l'Homme d'Acier de fêter un certain anniversaire (un instant joliment écrit et tellement romantique), le héros doit affronter le "Subjekt-17", un extraterrestre qui a, comme lui, atterri sur Terre il y a plusieurs années. Mais le vaisseau du Sujet 17 s'est écrasé en Europe de l'Est et l'alien a été le cobaye d'horribles expériences. L'évolution du personnage tout au long du récit rappelle celle du Monstre de Frankenstein. Il devient plus intelligent et a développé une haine envers l'humanité suite au traitement qu'il a subi. Il y a quelque chose de pathétique dans cette version négative de Superman malgré le danger qu'il représente.

L'autre danger de "Camelot Falls" vient du sorcier Arion (une création de Paul Kupperberg et Jan Duursema dans une "back-up" du comic-book "Warlord" en 1982). Tout en rectifiant l'apparition d'un autre Arion post-"Infinite Crisis", Busiek s'est servi du personnage pour poser un cas de conscience à Superman. D'après Arion, Superman causera l'extinction de l'Humanité s'il continue à combattre les forces du mal. Dans la logique tordue d'Arion, toutes les civilisations doivent s’éteindre, toute ère doit avoir une fin afin de pouvoir renaître et repartir de plus belle car l’histoire est faite de chutes et de remontées. Superman bouleverse l'ordre naturel des choses en empêchant ce cycle de s'effectuer.
Arion lui montre alors un futur post-apocalyptique dans lequel les actions du kryptonien ont précipité la fin du monde. Ce qui prend deux épisodes, une sorte de "Et si ?"...ou plutôt un "Elseworlds" puisque nous sommes ici dans l'univers DC (ce qui est toujours très sympathique à lire), avec de bonnes idées et une ambiance triste et mélancolique qui prend souvent aux tripes dans les dernières pages.

Entre questionnements et rebondissements (qui impliquent notamment Subjekt-17, Toyman et les New Gods, ce qui fait que le rythme ne se relâche que très rarement), les protagonistes s'interrogent..."est-ce que Superman est mauvais pour l'Humanité ?" Bon, la réponse ne surprendra personne, ce qui rend tout de même la deuxième moitié moins surprenante, avec une tension qui retombe assez vite après le combat final. Les dernières pages sont moins convaincantes que ce qui a précédé, mais malgré cette réserve l'ensemble se tient encore bien. Car malgré ses doutes, Superman représente toujours l'espoir...et c'est un naturel, une façon d'être que Kurt Busiek sait très bien restituer dans cette histoire.



En bref

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