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Critique de Vivre!

par Kazuyuki Asai le mer. 16 oct. 2013 Staff

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Notre réalisateur chinois préféré signe ici un de ses plus mauvais films en touchant d’un peu trop près à la propagande.

Déjà on apercevait dans Le Sorgho rouge, des traces d’anti-japonisme et des valeurs patriotes avancés mais ici c’est bien pire : l’œuvre prône ouvertement les qualités du régime communiste et du parti au pouvoir en Chine. Si eux aiment peut-être ça, les étrangers seront plus que sceptiques face à cette véritable mascarade de sa part. Car la mise en scène n’est pas des meilleurs non plus. Oui, c’est bien plus beau esthétiquement parlant que les trois quart des films qu’on trouve sur le marché, cependant on est loin d’un Epouses et Concubines. La véritable ovation artistique vient du théâtre de papier chinois, vraiment exceptionnel.

Heureusement le cinéaste s’est doté de deux pointures au niveau du casting. Ge You est superbe jouant un homme accro aux jeux d’argent, conteur dans un théâtre de papier, engagé dans l’armée chinoise. On retrouve Gong Li (son actrice fétiche) interprétant son adorable épouse, pleine de bonté, de vitalité, émotive et sensible. Le duo est impressionnant et leurs prestations valent le détour. Il en est de même de nombres des autres acteurs du film qui s’impliquent et s’appliquent vraiment dans leur rôles.

Le gros problème du film vient de ses ambitions : résumer 30 ans de l’histoire de Chine en 2h20. Dur pari, preuve en est qu’il va lamentablement échouer. Entrecoupés de plusieurs ellipses, le récit conte des tranches de vies du couple principal. Mais il est bien dur de s’attacher aux personnages lorsqu’ils changent complétement du tout au tout à chaque nouvelle situation. L’histoire de départ semblait prometteuse : les dettes du mari, une femme prête à accoucher, on sentait un drame venir. Toutefois peu à peu, les protagonistes vont se détacher complétement de nous jusqu’à ne plus nous intéresser du tout après la première grosse moitié du film. Leurs vies ne captivent jamais : en voulant englober trop de choses, on se retrouve finalement avec un scénario superficiel, pataud, peinant à convaincre, longuet et décevant. Grande épopée mais le rythme faiblard n’aide clairement pas à réactiver notre intérêt pour un film plongeant pieds et mains liés dans une propagande communiste grossière et malmenant le spectateur.

Les nombreux moments tragiques et scènes choquantes ne nous toucherons pas le moins du monde. Inutile, la conclusion nous laissera complètement impassible.

En bref

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