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Critique de Dans la maison

par Kazuyuki Asai le sam. 16 nov. 2013 Staff

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Le réalisateur du très bon Jeune et Jolie signe un drame français des plus originaux avec ce film atypique.

En tête d’affiche : Fabrice Lucchini et Kristen Scott Thomas. Lui en professeur de littérature au lycée, elle gérante d’une galerie d’art. L’un touche par son enthousiasme, l’autre par son excellent français, le couple lui est aussi complice qu’attachant. En revanche on aura toutes les peines du monde pour rentrer dans le jeu d’Emmanuelle Seigner, aussi inexpressive qu’à son habitude. Mention spéciale au jeune Ernst Umhauer qui incarne parfaitement cet étudiant doué pour l’écriture aussi intelligent que manipulateur.

La réalisation s’inspire de Woody Allen pour livrer une mise en scène où les pensées des personnages et dialogues intérieurs apparaissent à l’écran. On est complétement emporté dans une intrigue haletante de bout en bout. On observe, en participant implicitement, à une touche de voyeurisme excessive mais fascinante. La vie dans la maison n’a plus de secrets pour nous. On est impressionné par la force de la curiosité, de la passion mais aussi du côté très pervers de cette machination.

Par ailleurs le film est une ode à l’art et plus particulièrement à la littérature. Il redore le blason de disciplines méprisées et remet en valeur la place de l’éducation et des professeurs dans la vie des jeunes. Cette merveilleuse façon qu’il a de revaloriser l’expression et le langage nous touchera forcément.

Le récit est voyeur, on entre dans l’intimité, dans les petits secrets d’une famille normale. L’étudiant et personnage principal décidant d’écrire la totalité de ses rédactions sur ce qui se passe dans la maison de son meilleur ami. On brise violemment toutes les limites et on est toujours sur le qui-vive, en nous demandant ce qu’il se passera lors de la prochaine rédaction, comment les personnages vont-ils évoluer ? Qu’est ce qui est la vérité, qu’est ce qui est fiction ? Et surtout comment écrire le mieux possible de telle manière à rendre enfin magnifique ou ironique leur vie de famille. Avec cette œuvre, quelque chose de nouveau est apparu, on reste soufflé face au développement prenant, touchant, puissant où on se reconnaît forcément. Les sentiments des personnages sont mis à nus, à travers ce récit littéraire imagé de plus habiles.

A voir impérativement !

En bref

Le second meilleur film de François Ozon, aussi innovant que passionnant porté par d'excellents comédiens.

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