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Critique de Me And the Devil Blues

par TecAgnes le lun. 25 mai 1970

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[i]Il y a 70 ans, un bluesman mourut après avoir enregistré seulement 29 compositions. Par la suite, plusieurs dizaines d'années plus tard, son nom est devenu une légende, et la musique qu'il a laissée s'avère être le fondement de la musique populaire. Tous ceux qui l'ont connu disent de lui... « Il a vendu son âme au diable ».[/i]

Un titre mystérieux, le visage fermé en aquarelle d'un homme noir en couverture, et ce petit paragraphe accrocheur sur le rabat, voilà pourquoi j'ai ouvert ce manga, et ne l'ai refermé qu'à la toute dernière page.

Robert Johnson, dit RJ, est un jeune noir agricole de l'Amérique des années 30. Il travaille la terre en Louisiane auprès des siens, il aime sa femme et attendent ensemble l'arrivée de leur premier enfant. Pourtant, RJ ne se satisfait pas entièrement de cette vie et dissimule au fond de lui une passion qui lui brule les doigts, le Blues. Le soir venu, il se terre au fin fond d'un bar de quartier, et gratte les cordes de sa guitare sans rencontrer de succès. RJ n'est pas bon musicien, et sa guitare reste insignifiante aux yeux des autres. Pourtant, il veut réussir plus que tout, quitte à vendre son âme au diable...

Une histoire vraie, quoiqu'un peu romancée certainement, mais enfin ! L'histoire vraie d'un bluesman issue de l'Amérique profonde des années 30 en manga. Voilà qui est complètement atypique et nous change des productions habituelles. Aux commandes, on trouve un inconnu publié pour la première fois dans nos contrées, Akira Hiramoto. Jusqu’ici, il s’adonnait aux manga humoristiques. Les choses sont différentes avec ce nouveau titre.

Côté édition, Kana nous offre ce titre sous le label Big Kana et a bien soigné son travail. La couverture dans les teintes bleues est d’une esthétique particulière et les tranches des pages, bleues également, donnent un effet « nuit » très réussi. A l’intérieur, l’impression des pages est claire, lisible, et les fautes de français m’ont semblé absentes (à revérifier toutefois).

D’un point de vue technique, [b]Me and the Devil Blues[/b] est remarquable. Le dessin est précis, le découpage est efficace et ne manque pas d’impact. Par ailleurs, les trames et autres colorisations, omniprésentes dans ce volume, sont très réussies. Le style de l’auteur est de suite accrocheur et parcourir les pages a été un vrai plaisir visuel. De toute évidence, on ressent une certaine expérience et un vrai souci de documentation pour retranscrire correctement les paysages, les personnages, les mœurs et l’ambiance de la Louisiane des années 30.

L’histoire n’est pas en reste et mérite en effet de faire partie de la collection Big Kana. Un seinen de pure souche montrant des personnages torturés (RJ l’étant plus que quiconque), de la noirceur (sans mauvais jeu de mots) et un brin de violence. Le récit se suit facilement même si parfois, on se demande où l’auteur nous emmène. Il dépeint la vie de RJ en soulevant judicieusement de nombreuses questions, dont certaines devront probablement attendre les prochains volumes pour trouver réponse. Rien de tel pour susciter l’intérêt et attendre impatiemment le volume 2.

En conclusion, [b]Me and the Devil Blues[/b] est une titre que je recommande à chacun, tant pour son histoire prenante et sombre qui sort des sentiers battus, que pour le soin apporté par l’auteur à son trait et à Kana pour l’édition soignée. C’est une valeur sûre !

Enfin, à lire en fin de volume une postface très intéressante de Takashi « Hotoke » Nagai, chanteur dans le groupe West Road Blues Band, et superviseur de ce manga.

Note finale : 8/10

En bref

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