Chronique : Jabberwocky T.1

Découvrez la chronique du premier tome de ce seinen signé Masato HISA


Lardé de références à l’art, au cinéma, aux sciences ou à la littérature, cette œuvre atypique offre un mélange des genres très bien dosé. Son dessin inattendu au Japon évoque immédiatement les pages de Sin city par la composition des planches et le choix d’un travail graphique par aplats.

Dans un décorum très “angleterre victorienne”, les dinosaures n’ont pas tous disparu, ils ont évolué en êtres intelligents, et se sont cachés de l’humanité pour survivre. Hantés par la peur de leur quasi-extinction, certains ont rejoint l’humanité et ont embrassé diverses causes scientifiques, comme l’astronomie, la chimie et la biologie... D’autres, sont obsédés par leur “droit d’aînesse” sur ce monde et tirent les ficelles de la politique dans l’ombre, quand ils ne tentent pas tout simplement de reprendre la domination du monde aux humains. Les deux protagonistes de l’histoire sont Lily et Sabata Van Cleef. La première est une espionne, alcoolique, reniée par sa famille. Le second, pistolero d’exception, est un dinosaure, plus précisément un oviraptor. Après avoir recruté Lily lors d’une mission en Russie, ils travaillent pour Chateau d’If, une organisation secrète spécialisée dans les faits étranges et les exactions de clans sauriens, exactions impliquant en général la révélation de l’existence des dinosaures ou des bouleversements de la religion et de la science.

Titre : Jabberwocky T.1
Editeur français : Glénat
Date de sortie : 07/01/2015
Dessinateur : Masato HISA
Scénariste : Masato HISA

Série terminée en 7 tomes

Entre Russie orientale et Europe occidentale, entre réalité et histoire revisitée, entre dessins détaillés et style désynchronisé, il y a « Jabberwocky », un manga qui s’annonce….étrange, envoutant et résolument décalé !

Bienvenue dans un manga jouant sur les références

Du titre « Jabberwocky », aux personnages en passant par de simples phrases, ce manga des éditions Glénat compilent de nombreuses références. C’est une entreprise assez délicieuse d’ailleurs de les chercher, de s’interroger dessus, sur leurs sens et leurs raisons. Si le nom du manga provient d’un poème de Lewis Carroll, les références sont de genres multiples. Ainsi, il est possible de croiser des liens au Comte de Monte-Cristo, comme des jeux de noms relatifs à une idole japonaise. L’auteur s’est donc amusé à truffer sont travail de renvois à d’autres idées, travaux ou œuvres.

Pour nous aider, nous pauvres lecteurs, deux pages portant le nom de « Glossaire technique » ont été glissées dans ce premier volume pour expliquer les références, histoire que l’on puisse les voir et les connaitre.

Un graphisme de noir ET de blanc

Oui, de noir ET de blanc. Vous me direz que c’est normal pour un manga. Mais, j’insiste bien sur liaison ET. En effet, si vous ouvrez ce premier volume de « Jabberwocky » vous découvriez un graphisme des plus étonnants. L’auteur base son trait aussi bien sur fond noir que fond blanc, attribuant à ses personnages des allures parfois presque fantomatiques. On entre dans un autre monde, une espèce de dimension parallèle où les dessins prennent parfois plus de place que l’histoire elle-même. Ce style, si décalé, donne du travail aux lecteurs. Difficile de passer d’une page à l’autre en un clin d’œil, cette fois, vous devrez être patient, prendre le temps de découvrir des pages chargés, parfois un peu trop sans doute, mais détaillées et riche en contenu. Ce procédé, aussi singulier soit-il, offre une autre approche de la lecture. Il se dégage une sensation de matière de ces pages.

D’ailleurs en parlant de matière, c’est un autre aspect développé par Masato Hisa. Ses personnages, déjà particulier par leurs comportements, sont incarnés par des dinosaures. Oui, vous avez bien lu, des dinosaures. Peaux écailleuses, absence de nez, grandes dents, immensités… ils sont nombreux, différents et étranges. Ils prennent une place importante dans l’histoire, mais je n’en dis pas plus.

Outre ces personnages étranges et ces jeux de noirs et de blancs, on assiste à des scènes persiques surréalistes. Une séquence de coups de feux, peut rapidement devenir une page entière d’onomatopées, et de nuages, entrainant une rupture dans les dessins si torturés des autres pages. Un peu comme un feu d’artifice soudain et impromptu.

Entre écailles et bimbo

Si les êtres à peaux écailleuses sont importants, l’auteur fait une belle place à une espionne anglaise. Lily Apricot, jeune femme à la poitrine généreuse, un peu alcoolique vient apporter une touche de pétillant dans ce manga. Elle apparait d’abord comme tueuse, avant de se stabiliser dans le manga et de devenir plus complexe que cela. Ce premier volume permet la mise en place d’un duo de choc, aux ambitions étranges.

La première partie du manga, prenant deux tiers de ce premier volume, sert de mise en bouche et d’introduction à la fois au contexte historique, aux personnages et aux aventures qu’ils vont affronter. La seconde partie, courte mais qui installe le suspense pour la suite, vient apporter le système scénaristique, jouant à la fois sur le fond de l’énigme, et de l’aventure, le tout, toujours dans cette ambiance d’un passé revisité et enrichi.  

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