Retour vers le passé : Beetlejuice (1988)

 

REALISATEUR

Tim Burton

SCENARISTES

Michael McDowell et Warren Skaaren, d’après une histoire de Malcolm McDowell et Larry Wilson

DISTRIBUTION

Alec Baldwin, Geena Davis, Michael Keaton, Winona Ryder, Jeffrey Jones, Catherine O’Hara, Glenn Shadix…

INFOS

Long métrage américain
Genre : comédie fantastique
Année de production : 1988

Beetlejuice ! Beetlejuice ! Beetlejuice !

Le succès de Pee Wee Big Adventure en 1985 a fait de Tim Burton un réalisateur convoité. L’ancien animateur des studios Disney a commencé à recevoir de nombreux scripts qu’il a tous refusés, déplorant leur manque d’originalité et d’imagination. C’est à ce moment qu’il a débuté le développement de Batman avec Sam Hamm, un projet qui n’avait pas encore reçu l’accord de la Warner. Le producteur David Geffen lui propose alors le scénario de Beetlejuice par Michael McDowell, un scénariste et romancier dont Burton connaissait déjà le travail (McDowell a co-écrit l’épisode de Alfred Hitchcock présente réalisé par Tim Burton).

Le script de Beetlejuice avait plusieurs fois été rejeté, notamment à cause de sa violence. Les premières versions étaient en effet beaucoup plus sombres. La mort des Maitland, le couple vedette, était représentée de manière beaucoup plus graphique. Leurs tentatives de chasser la famille Deetz, les nouveaux propriétaires de leur maison, étaient plus effrayantes. Et Betelgeuse/Beetlejuice était un démon bien décidé à tuer les Deetz (et à se taper la jeune Lydia au lieu de se marier avec elle). Les réécritures par Larry Wilson puis Warren Skaaren ont amené au ton plus fantaisiste et bizarre voulu par Tim Burton.

 

 

Mais l’histoire était tellement étrange que la plupart des acteurs choisis ont eu du mal à accepter. Alec Baldwin, qui tenait là l’un de ses premiers grands rôles sur grand écran, pensait que le film allait « tuer sa carrière ». Même Michael Keaton ne comprenait pas grand chose au personnage de Beetlejuice. Il a d’abord dit non avant de changer d’avis suite à sa rencontre avec Tim Burton. Et tant mieux car il est absolument irrésistible en « bio-exorciste » de pacotille et escroc pervers. Son énergie comique est communicative et il s’est tellement laissé emporter par le délire qu’il a fini par improviser une grande partie de ses répliques.

Beetlejuice donne son nom au film mais au final il n’est présent à l’écran que moins de 20 minutes (sur 1h30). Et c’est plutôt bien vu. Sa présence est d’abord suggérée et il est très bien utilisé, à des moments-clés, avant de se déchaîner pour le grand final. Ce qui n’a rien de frustrant car cela donne de la place aux autres protagonistes et à leurs histoires (le couple Maitland joué par Alec Baldwin et Geena Davis, la famille Deetz campée par l’amusant Jeffrey Jones, la fantasque Catherine O’Hara et la jolie et émouvante Winona Ryder et Otto, le décorateur d’intérieur aux goûts exécrables interprété par le regretté Glenn Shadix).

 

 

Le budget de Beetlejuice n’était pas énorme…environ 15 millions de dollars, dont seulement un million pour les effets spéciaux. Tim Burton a su faire de ces faibles moyens une force car le côté série B et un peu cheap de certains effets spéciaux participe pleinement à l’identité visuelle du film et à celle de cette vision très « administrative » de l’après-vie. Burton en a ainsi profité pour rendre hommage au cinéma avec lequel il a grandi, aussi bien le bis des années 50/60 que l’expressionnisme allemand

Succès en 1988 (ce qui a décidé la Warner a donné son feu vert pour Batman) , Beetlejuice a failli connaître un second volet (intitulé à l’origine Beetlejuice goes hawaiian) à plusieurs reprises, au début des années 90 puis dans les années 2010. Un scénario existe, mais le projet reste bloqué dans les limbes…et ce n’est franchement pas une mauvaise nouvelle tant cette savoureuse comédie fantastique se suffit à elle-même et n’a pas besoin de suite.

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