TUMATXA : L'EMISSION ! - EPISODE 5 : La guerre titanesque de la vie changeante

Retour de « Tumatxa! » après la traditionnelle pause de la Toussaint… Au micro je claironne un peu rapidement que nous aurons des invités rapidement et que l’émission de la semaine prochaine sera une spéciale Alan Moore ; me suis un peu avancé. Mais c’est pas grave !! Tout ça arrivera très vite quand même, après une émission classique la semaine prochaine. Stay tuned si vous aimez les barbus. ^^
Cette semaine, programme classique ou presque, puisque je me livre quand même en début d’émission à un exercice éhonté mais nécessaire d’auto-promotion débridée : en effet, nous allons parler de Titan et de son dernier album, « Lacrimae Mundi », sorti la semaine dernière. Un groupe auquel j’ai l’honneur d’appartenir, je le précise.
Pour le reste, cinoche (une reprise), BD (un gros habitué de l’émission), littérature (un brin transgressive, comme on dit) : tel est le mirifique programme du jour.
Pour le cinéma, à la faveur d’une toute récente ressortie en salles, évoquons donc le superbe « The Changeling » (« L’Enfant du Diable » pour la VF pourrie) de Peter Medak (« Romeo is bleeding »), beau fleuron de la vague de films d’épouvante surnaturelle qui a prospéré dans les années 70, dans la foulée des succès de « Rosemary’s Baby » et « L’Exorciste ». « The Changeling » (1980) représente un peu la queue de comète du filon, mais ne manque pas d’atouts à faire valoir, comme sa mise en scène ample et classieuse, son utilisation astucieuse du son, le sentiment de tristesse infinie qui l’imprègne tout du long, et la présence de l’impeccable George C. Scott dans le rôle principal, celui d’un père/mari endeuillé qui découvre que sa nouvelle maison est hantée, et décide de mener l’enquête sur les circonstances du décès de ce spectre plus à plaindre qu’effrayant. C’est beau, c’est classe, et ça développe un discours intéressant sur la notion même de deuil…
Pour la BD, on fait d’une pierre trois coups avec cette bonne vieille ganache de Garth Ennis, éminent scénariste irlandais qui a lres faveurs de cette émission depuis bon nombre d’années maintenant. Trois titres signés par le bonhomme ont fait l’actualité ces dernières semaines ou mois, et on les passe en revue : d’abord, le traumatisant « La Guerre », avec Becky Cloonan aux dessins, un titre plutôt atypique pour du Ennis (qui nous fait ici son « Threads », en résumé), paru chez Urban, puis le tout aussi guerrier « Rogue Trooper » chez Delirium, où Ennis renoue avec son passé chez 2000 AD en y retrouvant une de ses figures emblématiques (bientôt adaptée au cinéma par Duncan Jones, d’ailleurs) auprès du dessinateur Patrick Goddard, et enfin l’excellent « Punisher : Get Fury » chez Panini, où Ennis retrouve Jacen Burrows aux dessins mais aussi Frank Castle alias le Punisher alors qu’il se débat dans les affres de la Guerre du Vietnam, et doit y sauver (sauver ou zigouiller ? suspense) une autre vielle trogne fameuse made in Marvel, Nick Fury. Tout ça fait beaucoup de pages signées Ennis, mais qui s’en plaindra ? Pas moi.
Pour la littérature, abordons pour la première fois le corpus de Matthew Stokoe, auteur anglo-américano-australien, auteur entre autres d’un premier roman apparemment fort « choquant » (« Cows », paru en 1998) puisqu’il revient souvent dans les listes de livres les plus choquants de la Terre. Qu’à cela ne tienne, on en a vu d’autres et on s’attelle donc à la lecture de « La Belle Vie » (« High Life ») paru il y a une douzaine d’années chez Gallimard et traduit par l’excellent Antoine Chainas, par ailleurs romancier lui-même. Jack est un jeune loser à la vie dissolue qui, à la mort de sa femme (assassinée), au lieu de plonger, va se mettre à grimper les échelons de la petite oligarchie du monde du spectacle hollywoodien qui le fascine tant. Rien, mais alors rien, ne nous sera épargné des diverses dépravations (très très gratinées, hein) dont le personnage est soit le spectateur attentif, soit l’acteur… Par-delà ses outrances (parfois bêtement provocs, parfois plus signifiantes, et souvent très drôles si on a l’estomac pour ça), « High Life » est aussi et surtout un excellent polar, un authentique page-turner, comme on dit.
Le tout est mis en musique peut-être encore un petit peu mieux que d’habitude cette semaine : chose promise chose due, on écoute « Le Sang des Bêtes », extrait du phénoménal (hi hi) « Lacrimae Mundi », le dernier album en date de Titan ; le duo texan Street Sects vient de se réactiver et pas qu’un peu, puisqu’il accouche du projet parallèle Street Sex, et on écoute « Short Cut », extrait de l’album « Full Color Eclipse » ; le défunt projet Miltown (avec l’excellent Jonah Jenkins au chant) vient de sortir un album, « Tales Of Never Letting Go », quelques 27 ans après sa conception, dont est issu « Even As We Speak » ; enfin, Kayo Dot, l’étrange et passionnant projet de Toby Driver, sort « Every Rock, Every Half-Truth Under Reason », dernier-né d’une pléthorique discographie, et on en écoute le pavé surréaliste et ambient « Automatic Writing »…!!
”Sans colère, sans haine
Les tueurs aux mains souillées
S’enivrent des vapeurs grises
Du sang des bêtes sacrifiées”


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