Retour vers le Passé : Apocalypse Now (1979)

 

Guerre
Long métrage américain
Réalisé par Francis Ford Coppola
Scénarisé par John Milius, Francis Ford Coppola et Michael Herr
Avec Martin Sheen, Marlon Brando, Robert Duvall, Frederic Forrest, Albert Hall, Sam Bottoms, Laurence Fishburne, Harrison Ford, Scott Glenn…
Année de production : 1979

This is the end…my only friend, the end…

Dans une autre réalité, Apocalypse Now aurait été réalisé par George Lucas, écrit par le seul John Milius et produit par Francis Ford Coppola. Le projet a débuté ainsi, à la fin des années 60, alors que John Milius a été encouragé par ses camarades à écrire un long métrage sur le Vietnam, une guerre pour laquelle il a été recalé à cause de son asthme (ce qui l’a longtemps démoralisé et explique notamment son obsession pour la guerre tout au long de son oeuvre).

George Lucas est resté attaché au projet pendant trois ou quatre ans, parallèlement au tournage de THX 1138 et pendant qu’il écrivait les premières versions de ce qui deviendra La Guerre des Etoiles. Il a été jusqu’à repérer des lieux avec Gary Kurtz avant de finalement se retirer, American Graffiti et Star Wars ayant sa priorité. Si Coppola ne voulait pas réaliser au début, il fut de plus en plus attiré par le script de Milius (qui a tellement écrit que le pavé avait atteint les 1000 pages) et décida d’en faire son prochain film après une année 1974 qui vit les sorties de Conversation Secrète et Le Parrain, IIème partie.

 

 

Du début officiel de la pré-production à la sortie d’Apocalypse Now, il s’est écoulé environ cinq ans, dont 238 jours consacré à un tournage principal qui s’est éternisé à cause de nombreux problèmes. Rien que la chronique de la production est matière à un long métrage à lui seul…il existe d’ailleurs un excellent documentaire, Aux coeurs des ténèbres : L’Apocalypse d’un metteur en scène, qui revient sur ce sujet passionnant, notamment grâce aux archives précieuses d’Eleanor Coppola. Il y a tellement de choses à dire et je ne ferai de toute façon que les survoler.

En s’inspirant de la longue nouvelle Au Coeur des Ténèbres de Joseph Conrad (mais pas au point d’en faire une adaptation officielle), Apocalypse Now décrit l’expérience d’un officier des forces spéciales chargé de remonter la rivière Nang avec l’aide d’un petit équipage composé de quatre soldats, jusqu’au plus profond de la Jungle pour retrouver et exécuter le colonel Kurtz, un ancien héros de guerre devenu le chef de sa propre armée qui le vénère comme un dieu, ce qui n’est pas du goût de sa hiérarchie.

L’un des premiers rebondissements du tournage fut le remplacement de Harvey Keitel, choisi à l’origine pour jouer Ben Willard, par Martin Sheen. Mécontent du jeu de Keitel, pas à l’aise avec les aspects passifs du personnage, Coppola n’a pas hésité à recourir à celui qui était son autre choix lors des phases de casting. Comme cela pouvait arriver à l’époque, Martin Sheen est crédité dans le générique et sur l’affiche après Marlon Brando et Robert Duvall (ce qui rappelle le Superman de Richard Donner) mais c’est bien lui qui porte le film avec une grande intensité, au point de s’imbiber réellement lors de la scène de l’hôtel (le sang lorsqu’il brise le miroir est bien le sien) et de revenir rapidement après une grave attaque cardiaque suite aux difficiles conditions de tournage…

 

 

Les scènes guerrières les plus impressionnantes, parmi les passages les plus emblématiques de Apocalypse Now, ont lieu dans la première partie. L’horreur côtoie régulièrement l’absurde, notamment avec le personnage du lieutenant-colonel Kilgore campé par Robert Duvall pour qui le surf est une religion, à l’instar du scénariste John Milius. Plus le récit avance, plus le parcours de Willard et de ses hommes prend une tournure de plus en plus étrange, entre éclairs de violence et trip intérieur sous l’effet de diverses substances. Le dernier acte dans le camp de Kurtz (Marlon Brandon n’a pas facilité la vision originale de Milius et Coppola en arrivant en surpoids) prend une dimension mythique, de par la stature et l’aura de Kurtz et l’assaut muet de Willard dans une ultime séquence qui confine à la transe hypnotique se passant quasiment de paroles…

Au fil des années, Francis Ford Coppola a modifié son film, en ajoutant des scènes pour en retirer certaines ensuite dans les versions Redux et Final Cut. Ces nouveaux montages peuvent être risqués, en cassant la dynamique et l’efficacité de l’original qui reste celui que je préfère. Je ne suis pas très fan par exemple de la séquence de la plantation française, une escale que j’ai toujours trouvée assez superflue.

The horror…the horror…

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