TUMATXA : L'EMISSION ! - EPISODE 7 : Emission spéciale Alan Moore !!!

Emission très spéciale cette semaine dans « Tumatxa ! », à plus d’un titre ! En effet, d’une part j’ai la joie d’accueillir deux invités de marque ce soir, et d’autre part, l’émission sera intégralement consacrée à l’œuvre de l’incomparable Alan Moore !!! En effet, le barde de Northampton fait l’actualité cet automne avec un ouvrage à nul autre pareil, sa somme pédagogique sur un thème cher à son cœur, la Magie…
L’occasion pour nous de nous entretenir à ce sujet avec deux spécialistes éclairés de la chose moorienne, avant d’évoquer la BD avec une intégrale récente d’un des derniers grands cycles en la matière du bonhomme, et de boucler la soirée en évoquant (nous ne l’avions jamais fait, allez savoir pourquoi) le corpus en prose de Moore avec son tout premier roman paru il y a bientôt trente ans.
Magie, BD, roman, le tout en musique : tel est l’ésotérique sommaire de l’émission de la semaine !!
Pour commencer l’émission, j’ai donc l’immense plaisir de m’entretenir avec les excellents Laurent Queyssi et Maxime le Dain, traducteurs (entre autres activités) de l’opus mirifique qui nous occupe ce soir, j’ai nommé « La Lune et le Serpent – Le grand livre de la magie » d’Alan Moore et de feu son homonyme et mentor Steve Moore. Laurent et Maxime nous expliqueront comment ils se sont attelés à la tâche monumentale d’adapter cet ouvrage gargantuesque, où les deux Moore exposent avec pédagogie et didactisme les principaux concepts qui animent leur vision de la Magie, de sa fonction à ses principaux mécanismes, en passant par la description de divers rituels et autres principes-clés de la discipline (la Kabbale et le Tarot, notamment), le tout en prose, en BD, sous forme d’essais et de fiction, tour-à-tour… Un ouvrage pas facile d’accès de prime abord, mais étonnamment fun et solaire, il a d’ailleurs été conçu pour ça. A la fin de sa lecture, vous serez vous aussi des mages.
Encore un grand merci aux magiciens en chef Maxime et Laurent, dont la très fine connaissance du corpus de Moore (on a là à faire à deux spécialistes, pas de doute) s’avère plus qu’éclairante pour la compréhension du travail de Moore et Moore !!! Qu’ils soient à nouveau ici remerciés pour leur gentillesse et leur disponibilité, malgré des conditions techniques pas commodes.
On poursuit avec de la BD, en l’occurrence l’un des derniers grands chefs-d’œuvre en la matière d’Alan Moore : je veux parler ici de son grand cycle lovecraftien réuni dans une intégrale intitulée « Providence et autres récits lovecraftiens », qui rassemble trois titres tout entiers consacrés à l’œuvre et à l’impact du grand H.P. Lovecraft (les trois titres en question étant « The Courtyard », « Neonomicon » et le gros morceau « Providence »). A travers des récits connectés les uns avec les autres et pas piqués des hannetons en terme de contenu graphique explicite, comme on dit, Moore explore l’univers de Lovecraft, tisse une toile inter/métatextuelle vertigineuse, analyse le climat socio-politique contemporain du reclus de Providence avec finesse, et surtout renoue avec la force de frappe et le pouvoir évocateur originel des écrits du maître de l’horreur indicible, tout en instillant dans son corpus une cohérence insoupçonnée. N’écoutez pas les esprits chagrins qui considèrent que Moore a perdu la main en matière de BD ces dernières années, il n’en est rien !! « Providence » est un pur chef-d’œuvre.
On termine en se penchant sur l’impressionnant « La Voix du Feu », premier roman de Moore paru initialement en 1996 pour la VO (et 2008 pour la première parution VF, traduite par l’excellent Patrick Marcel, qui réalise un tour de force). Dans ce premier roman qu’il n’est pas incohérent de considérer comme le prototype de son magnum opus « Jerusalem », Moore évoque sa chère ville de Northampton ; s’il reste géographiquement statique, il se livre à une vertigineuse exploration temporelle (de 4000 avant JC à nos jours) à la faveur de 12 chapitres et autant de narrateurs qui évoquent l’histoire politico-mystique de leurs temps respectifs… jusqu’à Alan Moore, protagoniste d’un dernier chapitre méta-textuel en diable. Il y a dans ce roman des têtes coupées, des personnages boîteux, du feu bien entendu… et déjà beaucoup de virtuosité, en prose.
Le tout est mis en musique avec le soin que vous nous connaissez : AVTT/PTTN est le dernier projet en date de Mike Patton, aux côtés des Avett Brothers, et ça lorgne vers la country/folk, comme en atteste le morceau « Received » ; Coroner vient en toute simplicité de sortir l’album metal de l’année, « Dissonance Theory », pas beaucoup d’avis dissonants là-dessus, « Transparent Eye » en fait la démonstration ; vu qu’on parle pas mal de rituels et de magie cette semaine, pourquoi ne pas réécouter le magistral « Psychonaut », en version live issu du live « Ceromonies » ; on conclue avec le duo ultra-heavy de Seattle Sunn o))), qui revient avec un EP d’inédits, dont le massif « Eternity’s Pillars »… !!
”Pray now for how long
We’re falling from ecstasy
Like changelings
Freedom returned for new souls
Here or after
Well enrapture me and I’ll change”


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