Retour vers le passé : Best of the Best (1989)

Drame/action
Long métrage américain
Réalisé par Robert Radler
Scénarisé par Paul Levine, Max Strom et Phillip Rhee
Avec Eric Roberts, Phillip Rhee, Chris Penn, James Earl Jones, Sally Kirkland…
Année de production : 1989
Après une intense sélection, cinq champions de karaté américains sont choisis pour affronter l’équipe coréenne lors de la prochaine compétition officielle de taekwondo. Il y a d’abord Alexander Grady, un mécanicien veuf remis d’une longue blessure qui l’a éloigné de son sport de prédilection pendant trois ans. La tête d’affiche est interprété par un Eric Roberts qui avait surpris par sa prise de muscles, loin de son physique habituel. À ses côtés, il y a Tommy Lee (Phillip Ree, à l’origine du projet Best of the Best), Travis Brickley (Chris Penn en texan raciste, macho et sexiste…il les collectionne mais il finira par s’assagir en apprenant l’esprit d’équipe…oui, c’est beau), Virgil (John Dye dans le rôle de l’inévitable athlète adepte du bouddhisme) et Sonny Grasso (David Agresta en italien coureur de jupons…what else ?).

La foire aux clichés continue avec le portrait d’un entraîneur intransigeant et dur à cuire (James Earl Jones) qui fera tout pour que ses poulains deviennent les « meilleurs des meilleurs » (faut bien justifier le titre) et qui n’apprécie pas trop qu’on lui impose une femme en coach assistant. Pendant la première partie de Best of the Best, on alterne ainsi entre les phases d’entraînement de l’équipe américaine et celles de l’équipe coréenne, beaucoup plus dures histoire de bien insister sur le fait que les ricains n’ont aucune chance de gagner.
Tout ceci rappelle furieusement Rocky 4 sorti trois ans plus tôt (sauf que les coréens ne sont pas dopés comme Ivan Drago), jusqu’à l’inévitable scène où l’un des héros s’éloigne pour méditer sur fond de musique sirupeuse. Le drame est surjoué (Eric Roberts n’hésite pas à en faire des caisses dans le pathos), l’humour est très ancré dans son époque (avec des répliques bien grasses dans tous les domaines) et le final qui joue le rapprochement des peuples (après s’en être mis plein la gueule…comme dans Rocky 4…et échangé des civilités du genre « Tommy, chope lui son rouleau de printemps ») est un sommet de comique involontaire.

Et pourtant j’ai regardé ce film plusieurs fois dans ma prime jeunesse…et s’il y a pas mal de choses qui m’ont fait doucement rigolé ou soupiré (ou les deux en même temps) trente ans plus tard, le rythme est bon, l’énergie est communicative, les combats solides, musclés et bien chorégraphiés. Best of the Best parle de conflits moraux et du pouvoir de l’esprit humain triomphant de l’adversité comme de nombreux films sportifs avant et après lui…mais avec la grâce d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, ce qui ne l’empêche pas d’être plutôt divertissant dans son genre…
Best of the Best ne fut pas un succès en salles mais ses recettes en vidéos ont été suffisantes pour développer plusieurs suites. Eric Roberts, Phillip Ree et Chris Penn sont ainsi revenus dans Best of the Best 2 en 1993…et seul Phillip Ree a poursuivi l’aventure dans deux autres films sortis directement en VHS en 1995 et 1998.


Commentaires (0)