Retour vers le passé : Saw (2004)

 

Thriller/horreur
Long métrage américain
Réalisé par James Wan
Scénarisé par Leigh Whannell et James Wan
Avec Cary Elwes, Leigh Whannell, Tobin Bell, Danny Glover, Ken Leung, Michael Emerson…
Année de production : 2004

Saw est une franchise horrifique qui ne m’a pas laissé une grande impression passé le premier long métrage. Je sais que j’ai vu Saw II mais je n’en ai plus aucun souvenir et j’ai abandonné le visionnage du III au bout de quelques minutes. Et je n’ai donc à ce jour toujours aucune envie de m’infliger les sept épisodes qui suivent (on est donc loin des autres sagas initiées par James Wan, Insidious et Conjuring). Je n’avais pas revu Saw depuis vingt ans et je trouve que malgré quelques défauts, le film reste un modèle d’efficacité pour une première réalisation (si on oublie le film amateur Stygian…et Wan a tout fait pour que cet essai paraît-il honteux ne sorte pas d’un coffre poussiéreux en Australie) tourné en peu de temps pour un budget limité…

 

 

À leur arrivée en Amérique, James Wan et son compère Leigh Whannell ont d’abord auto-financé un court-métrage pour proposer leur projet aux studios, en se concentrant sur une scène en particulier, celle du « piège à ours inversé ». Ils ont attiré l’attention de producteurs indépendants qui allaient former leur label horrifique et c’est LionsGate qui s’est chargé de la distribution. Environ 1 million de dollars de budget, seulement 18 jours de tournage (très peu de temps pour répéter et il fallait souvent se contenter d’une ou deux prises) et au final plus de 100 millions de dollars de recettes, ce qui a lancé la carrière des deux australiens…

Deux hommes (campés par Cary Elwes et Leigh Whannell) se réveillent dans une salle de bains miteuse, enchaînés aux canalisations par les chevilles. Ils trouvent deux enregistrements qui leur posent un ultimatum. Et aussi deux scies, pas assez aiguisés pour couper leurs chaînes mais assez solides pour scier leur pied. L’un des deux prisonniers, le docteur Gordon, comprend alors que leur geôlier doit être le Jigsaw Killer, un criminel qui n’assassine jamais ses victimes mais les place dans des pièces et des situations qui les poussent à se faire eux-même du mal…les survivants acquérant ainsi une meilleure appréciation de la vie…

 

 

La réalisation de James Wan retranscrit bien les aspects claustrophobiques et malaisants de l’enfermement subi par les deux personnages principaux, qui apprennent à se connaître progressivement au fur et à mesure que les pièces du puzzle (what else ?) se mettent en place. Le récit s’éloigne régulièrement de cette pièce pour des scènes racontées de manière non linéaire, des flashbacks ou des rebondissements qui se déroulent au même moment. Une manière de raconter pas toujours maîtrisée (notamment au niveau du rythme et de certains effets de montage un peu trop tape-à-l’oeil) mais solidement interprétée par une bonne galerie de seconds rôles (Danny Glover, Michael Emerson, Ken Leung…).

Ce premier Saw, qui n’avait pas encore versé pleinement dans le torture-porn (et tant mieux), monte implacablement en puissance jusqu’à un dernier acte frénétique, violent sans se répandre totalement dans le gore qui tâche et qui amène les prisonniers jusqu’à la folie…et une révélation finale qui n’a rien perdu de son impact visuel…

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