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Critique de Dracula (Stoker)

par Le Doc le dim. 27 janv. 2019 Staff

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Ecoutez-les donc...les enfants de la nuit. Quelle douce musique que la leur !

En 1992, le cinéaste Francis Ford Coppola a connu l'un des plus gros succès de sa carrière avec sa relecture du roman Dracula de Bram Stoker. Un long métrage qui n'est certes pas sans défauts (une interprétation inégale selon les protagonistes, la décision de reposer la dramatisation du récit sur une romance entre Dracula et Mina qui n'existe pas dans le roman et qui n'est pas toujours très convaincante malgré de belles idées et  de très jolies scènes), mais qui demeure fascinant par bien des aspects (malgré les quelques "trahisons", il y a de sacrées fulgurances, des passages très fidèles et superbement transposés à l'écran...et le film est toujours aussi somptueux, avec une musique magnifique que j'écoute en écrivant ces lignes histoire de me remettre dans l'ambiance).

Parmi les artistes qui ont travaillé sur Dracula, il y a un certain Mike Mignola qui a signé de nombreuses illustrations pendant la phase de pré-production. Et c'est Mignola qui a été choisi par l'éditeur Topps pour travailler sur l'adaptation du scénario en bande dessinée. Au scénario, on retrouve un certain Roy Thomas, vétéran des comics et ancien rédacteur en chef de Marvel. Lors d'une interview réalisée pour cette ressortie chez IDW de la mini-série dans un format prestige et en N&B, Roy Thomas a révélé que pour lui l'angle romantique choisi par Coppola et son scénariste James V. Hart a empêché leur Dracula d'atteindre véritablement son potentiel. Et il n'a eu que des compliments sur les planches de Mike Mignola, qui terminait alors l'évolution d'un style qui allait le mener aux portes de son propre univers.

Dracula est en effet le dernier travail que Mignola a complété avant de se lancer dans les premiers épisodes d'Hellboy et j'ai vu dans ces très belles pages en N&B (je ne ferais pas de comparaisons avec la bande dessinée en couleurs, sortie à l'époque chez Comics USA, car je ne l'ai pas lue) une stylisation du plus bel effet qui fait de cette version un véritable théâtre d'ombres qui donne au récit l'atmosphère adéquate. Dans le découpage, la composition des cases, le placement des lumières et des ténèbres, il y a des effets très réussis, des choses qui évoquent ce que Mike Mignola fera par la suite sur Hellboy. C'est très efficace et très en phase avec certains des choix de Francis Ford Coppola.

L'adaptation d'un scénario de film sur papier est toujours un exercice qui a ses limites et dans le genre, il n'y a eu pas beaucoup de grandes réussites (je cite toujours l'exemple de L'Empire contre-attaque de Archie Goodwin et Al Williamson parmi les meilleures). Le Dracula de Roy Thomas et Mike Mignola est à ranger du côté des bonnes surprises : la narration est fluide, il n'y a pas trop d'ellipses qui gênent le déroulement de la lecture comme ça peut être souvent le cas et visuellement, l'album est juste superbe. Et parmi les bons points, il n'y a pas à supporter ici l'interprétation outrée et fatigante de Anthony Hopkins et celle plus effacée de Keanu Reeves, ce qui est plutôt appréciable...

En bref

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