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Critique de Bakuman

par Kamiville le sam. 2 févr. 2019

Rédiger une critique
Après la lecture de ce manga, j’ai eu la flemme d’écrire une critique parce qu’il y a tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer…

Bakuman, c’est le manga qui parle de manga.
Pour en faire une critique, il faut distinguer deux aspects pourtant indissociables dans le manga : l’aspect didactique où le manga a pour ambition de nous éclairer sur le processus de création et de publication d’un manga et l’aspect divertissant qui pose ses bases sur une romance.
Pour l’aspect didactique, les auteurs de Bakuman (plus Ohba vu que c’est le scénariste) ont été très bon, la quantité d’informations concernant le processus de création et de publication est progressif, on en apprend petit à petit au fur et à mesure que l’histoire avance. Ces informations concernent les nemus, le rôle des éditeurs, celui des assistants, les votes des lecteurs, l’adaptation en anime, le doublage entre autres. On intègre d’autant plus facilement les informations parce qu’elles reposent sur des éléments réels. Ainsi, les oeuvres des protagonistes sont publiées dans le Weekly Shonen Jump de Shueisha, éditeur qui publie également One Piece.
L’aspect divertissant, lui, se base, comme je l’ai dit précédemment, sur une romance que j’ai trouvé très très classique, voire même caricaturale : on a donc un Mashiro, dit Saiko, le héros qui est secrètement amoureux d’une camarade de classe depuis longtemps sans jamais avoir le courage de lui déclarer sa flemme. On pourrait croire que ça partait dans l’originalité quand Saiko arrive enfin à déclarer sa flamme dès le début du manga mais non, après, on tombe dans la caricature avec un “couple” qui ne se voit jamais avant d’avoir réalisé leur rêve (le premier rêve d’une adaptation de son manga en anime et l’autre, doubler l’héroïne de l’anime basé sur le manga du premier), on peut difficilement faire plus coincés comme protagonistes. Dans l’ensemble, l’histoire apparaît très convenue du début à la fin mais elle est tout de même intéressante grâce à une narration dynamique : l’histoire est étalée sur 10 années, on suit les protagonistes du collège jusqu’à l’université, on voit leur évolution comme on verrait nos enfants grandir.
Malgré un démarrage mou, l’histoire devient vraiment captivante quand les protagonistes obtiennent leur première série : on se retrouve à stresser avec eux sur les votes des lecteurs, sur le classement des mangas prépubliés.
En parlant de votes, ceux-ci ne sont pas toujours très crédibles dans le sens où les protagonistes, connaissant une difficulté dans le classement des mangas, ont juste besoin de changer leur stratégie pour le prochain chapitre pour que la situation s’améliore directement, les lecteurs n’ont pas l’air d’être impactés par l’irrégularité de la narration dû au changement de stratégie de notre duo de mangakas.

Côté personnages, c’est très cliché avec le déterminé, l’intello, le cool, les comiques, la tsundere, l’excentrique entre autres, on est dans le classique pur mais est-ce que c’est gênant ? Non, je ne pense pas, dans la mesure où on est dans un manga pour fans, ce genre de facilité ne nuit pas au manga, d’ailleurs, le fanservice est clairement assumé avec les couples formés à la fin. Sinon, comme pour DeathNote, on a un très bon antagoniste tout aussi excentrique mais qui, cette fois, ne disparaît pas au bout de la moitié de l’histoire (^^’).

Concernant le dessin et toute la partie technique, le découpage et la mise-en-scène sont variés (personnages importants présentés hors cadre, déformation des parties du corps comme le visage ou la main pour donner plus d’importance aux mouvements ou à l’expression faciale). Les trames sont utilisées à bon escient pour diversifier les nuances de gris pour bien jouer sur les contrastes des différents objets. Mais ce qui est le plus impressionnant, c’est le style d’Obata qui a rajeuni de 10 ans au moins. Je préfère son style graphique habituel sur Hikaru no Go et DeathNote mais la façon dont il a changé son dessin pour Bakuman est admirable : le trait est plus fin, plus léger, plus mignon, plus “comic”.

Au final, Bakuman est indispensable pour tout fan de mangas qui s’intéresse un tant soit peu à la création de mangas et plus largement à tout l’univers du manga. On sent bien qu’il a été créé dans une optique didactique mais avec le recul, j’ai aussi eu l’impression qu’il s’agissait d’une autobiographie : le duo Obata & Ohba s’illustre dans le genre marginal comme Mashiro & Takagi, DeathNote comme Reversi qui sont respectivement leur oeuvre phare, ont cette dualité marquée entre le protagoniste et l’antagoniste. Et si finalement, c’était aussi un message d’espoir pour les mangakas, un message qui dirait “Hé, on peut faire un gros succès sans tomber dans les mangas de combat (sous-entendu le nekketsu de base) !”...?

En bref

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