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Critique de Umbrella Academy #1

par bulgroz le jeu. 21 mars 2019 Staff

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Umbrella Academy Tome 1 : La suite apocalyptique

Ils s’appellent N°1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 ou Luther, Diego, Allison, Klaus, Ben et Vanya. Vous les connaissez peut-être sous les noms de Spaceboy, Kraken, Rumeur, Séance, N°5 et Horreur ?
Ce sont les sept enfants doués de pouvoirs spéciaux recueillis par l’excentrique Sir Reginald Hargreeves afin de « sauver le monde ». De quoi, d’ailleurs ?
Ces étranges personnages sont issus d’une fratrie/sororité de quarante-trois enfants mis au monde dans le plus pur style de l’immaculée conception par autant de femmes qui ne se connaissent pas et qui ne montraient aucun signe de grossesse. De tous, eux-sept semblent être les derniers survivants, du moins les seuls connus.

Peut-être connaissez-vous déjà Umbrella Academy ? C’est fort possible.

D’une part car ce récit a été récompensé par le Eisner de la meilleure nouvelle série il y a plus d’une décennie.
D'autre part car il y a tout juste dix ans, Delcourt proposait au public francophone de le découvrir.
Enfin, parce que vous faites peut-être partie de celles et ceux qui en suivent l’adaptation sur Netflix depuis février. C’est sans aucun doute en raison de cette adaptation que le même éditeur nous propose une réédition des deux volumes de la série, un troisième devrait suivre courant juin.

À première vue, cette idée de crossover entre les orphelins Baudelaire et les X-Men peut sembler casse-gueule, ou au contraire une idée terriblement ennuyeuse et pas forcément originale. En tout cas c’est ce que je me suis dit, moi qui ne connaissais pas du tout la série.
La mention « Eisner award », l’annonce de Gabriel Bá au dessin et la préface dithyrambique de Grant Morrison ont agi comme un avertissement : j’étais sûrement en train de me planter ! C’est en lisant la préface en question que j’ai compris qui était le scénariste. Gerard Way, le cofondateur du groupe My Chemical Romance.
Bon, autant être clair, je n’ai jamais trop écouté ce genre de musique. Déjà parce que je n’aimais VRAIMENT pas ça, ensuite parce que j’ai toujours eu du mal avec les groupes capables de mettre les mots « pop » et « punk » dans la même phrase, enfin parce qu’à l’époque, en raison des arguments suffisamment développés ci-dessus, j’étais bien trop occupé à me foutre de la gueule des emos (si, si, rappelez-vous).
Mais comme pas mal de monde, j’adore Grant Morrison. S’il arrive à être pote avec Gerard Way et qu’en plus de ça il a kiffé Welcome To The Black Parade c’est peut-être que je suis passé à côté de quelque chose. CQFD.
En bon petit soldat j’ai écouté l’album en question. Et bah ça ne passe toujours pas ! Pendant une semaine j’ai eu des visions terrifiantes de hordes lycéennes surmaquillées portant des T-Shirts « MCR » et des sacs à dos où apparaissent des inscriptions manuscrites signifiant à quel point leurs vies sont trop pourries… L’HO-RREUR !

Contre toute attente, j’ai plutôt apprécié la lecture de ce premier tome, malgré la bonne dose de mauvais esprit qui m’accompagnait.
Gerard Way parvient en peu de pages à créer un univers étrange, steampunk et fantastique qui fonctionne à merveille. Il déroule une intrigue relativement simple mais avec une aisance tranquille (c’est sa première BD, rappelons-le) sans jamais chercher à rentrer dans un « moule » déjà établi. Les dialogues sont drôles, les situations décalées… 
L'intrigue, sans être révolutionnaire parvient à lier deux arts qu'il apprécient : la musique et la BD, les personnages au service de l'histoire ne sont pas tous très attachants mais certains sont vraiment bien trouvés !

Les dessins fins et élancés de Gabriel Bá, en n’étant jamais réalistes, collent à merveille avec l’ambiance générale. Il fait partie de mes dessinateurs favoris et c’est un plaisir de le voir colorisé par l’excellent Dave Stewart, eux qui ont déjà eu l’occasion de collaborer sur Daytripper ou sur Hellboy, qui me paraît être une référence partagée par le trio d’auteurs.

La partie graphique est pour moi un des gros points positifs de ce premier volume : les couleurs, appliquées de façon assez radicale et géométrique donne un dynamisme certain aux dessins qui n’en manquaient pourtant pas ! Je ne m'étendrai pas davantage sur le scénario tant il me semble important de le découvrir petit à petit.

En tout cas, si vous comptez vous procurer le premier tome de Umbrella Academy, gagnez du temps, prenez également le deuxième (sorti en même temps), je suis en train de le lire et il me semble encore meilleur, en laissant plus de place au développement des personnages.

En bref

Un récit étrange et décalé teinté d'humour noir, de gore et même d'une touche de poésie. Espérons que la série TV sera à la hauteur.

8
Positif

Une ambiance étrange

Des personnages bien vus

Gabriel Ba au top

Dave Stewart au top aussi

La séparation de My Chemical Romance en 2013

Negatif

Une intrigue assez convenue

Un démarrage un peu difficile

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