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Critique de Les mauvaises herbes

par ginevra le jeu. 2 mai 2019 Staff

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Une vie d'horreurs racontée avec beaucoup de délicatesse.

Parmi les horreurs commises par les troupes japonaises en Chine, en Corée ou en Birmanie pendant la Deuxième Guerre Mondiale, il y a eu l'enlèvement de jeunes filles pour les enfermer dans des bordels destinés aux soldats japonais. Certaines n'étaient encore que des enfants. Comble de l'abomination, on les a nommées "femmes de réconfort" alors que leur appellation réelle aurait dû être "esclaves sexuelles". Pour les déshumaniser un peu plus, on leur donnait des noms japonais… peut-être pour laisser croire qu'elles étaient des prostituées professionnelles venues du Japon.

J'avais déjà eu connaissance de ces faits terribles par le Manwha "Femmes de réconfort" paru en 2007 en coédition chez 6 pieds sous terre et Au diable Vauvert (https://www.sanctuary.fr/objet/10320/). Mais ce dernier avait choisi de présenter les faits avec des dessins plutôt caricaturaux, mais l'autrice étant historienne les faits étaient impitoyablement disséqués.

Ici, l'autrice a choisi d'illustrer le récit de la vie d'Oksun Lee depuis son enfance au sein d'une famille pauvre jusqu'à son retour en Corée après 50 ans passés en Chine. Keum Suk Gendry-Kim a choisi d'avancer dans son récit en représentant les rencontres qu'elle avait avec la vieille dame en alternant les discussions actuelles avec les retours en arrière dans le temps.

Elle a choisi aussi de ne rien montrer de trop violent ou trop explicite. Les paroles d'Oksun suffisent pour que le lecteur comprenne les violences subies. Ses illustrations sont très vivantes quand des personnes y sont. Les paysages sont splendides et m'ont évoqué certains grands peintres asiatiques (parmi le peu que j'en connais). Elle a utilisé le N&B avec un art fantastique arrivant à faire ressentir au lecteur la froideur d'une nuit de pleine lune ou d'un bois enneigé avec un minimum de commentaires.

C'est une très grande œuvre qui est en même temps un témoignage poignant qui rappelle que les femmes ont été et sont hélas toujours encore considérées comme des prises de guerre par les conquérants. Et qui rappelle aussi que les coréennes, chinoises, birmanes, philippines… utilisées comme esclaves sexuelles attendent toujours les excuses officielles du gouvernement japonais plus de 70 ans après.

En bref

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