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Critique de Batman - Amère Victoire

par Le Doc le mar. 19 nov. 2019 Staff

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Amère Victoire...

Deux ans après le réussi Batman : Un Long Halloween, le scénariste Jeph Loeb et le dessinateur Tim Sale ont reformé leur duo très complémentaire pour une suite intitulée Batman : Dark Victory. La forme restait la même : une maxi-série en 13 épisodes (14 en comptant le #0) pour une enquête au long cours, un mystère qui va occuper Batman et les forces de police pendant toute une année. Avec ces sagas, Loeb et Sale ont revisité avec talent les premières années de Bruce Wayne en tant que Batman, en utilisant comme base les événements du Batman : Year One de Frank Miller (le parcours de certains personnages de cette histoire trouve ici une conclusion...et pas que pour le meilleur, loin de là) et en terminant avec cet élément fondateur qu'est l'arrivée du jeune Dick Grayson  au manoir Wayne.

Il était d'ailleurs logique que la dernière scène de Dark Victory soit celle de la formation officielle de l'emblématique Duo Dynamique. L'un des thèmes de la maxi-série est la solitude, un vide que chaque protagoniste, qu'il soit du bon ou du mauvais côté de la loi, tente de combler d'une façon différente. En se reconnaissant dans la tragédie que vit le petit Dick Grayson, Batman lui donne les moyens d'avancer et de mettre ses talents au service des autres...et il laisse ainsi une place pour un cercle familial au sein de sa guerre contre le crime. Avec son sourire et son côté bondissant, Robin apporte un peu de couleurs dans un monde très sombre...et sombre est bien le mot qui définit les enquêtes concoctées par Loeb et Sale.

Holiday est enfermé à l'asile d'Arkham...mais une nouvelle vague de meurtres secoue Gotham. Des policiers sont pris pour cible par un tueur en série qui sera connu comme "Le Tueur au Pendu" (Hangman en V.O.), rapport aux énigmes accrochées sur les corps de ses victimes. Parallèlement, une guerre de territoires se déclare entre Double-Face (que j'ai toujours préféré au Pile-ou-Face utilisé dans les traductions de l'époque) et ce qui reste de la famille Falcone, avec à sa tête une Sofia Falcone dans un fauteuil roulant depuis sa tentative d'assassinat sur Harvey Dent. 

Ces intrigues sont bien ficelées et les nombreux rebondissements maintiennent l'intérêt jusqu'au final (je n'ai pas vraiment ressenti de périodes plus creuses tout au long de cette dizaine de chapitres). Jeph Loeb utilise judicieusement l'importante galerie de vilains du Chevalier Noir tout en ajoutant de nouveaux personnages intéressants, comme l'ambiguë procureur Janice Porter. La caractérisation est soignée, le suspense est efficace et l'ensemble forme, avec Un Long Halloween, un diptyque de qualité qui prolonge idéalement le Year One de Frank Miller.

Graphiquement, c'est toujours impeccable. J'aime beaucoup le style de Tim Sale sur ces séries, son goût pour les contrastes visuels, qui se caractérise en partie par ses placement d'ombres (en passant notamment de cases dépouillées à d'autres plus détaillées); sa représentation de Gotham City; ses femmes fatales de film noir; ses silhouettes parfois exagérées mais qui fonctionnent pleinement dans le portrait qui est fait des plus grotesques ennemis de Batman (comme le filiforme Joker à la dentition proéminente). Bref, c'est très bon...ces ajouts à la légende des débuts du Chevalier Noir font toujours partie pour moi des meilleurs travaux du duo Loeb et Sale  (j'ajoute que je mets toujours en haut de la liste leur magnifique Superman For All Seasons).

En bref

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